23. mai, 2014

L'Union Européenne a t-elle donné la paix à l'Europe ?

Lorsque l’on demande, aux fervents défenseurs de l’UE, quels sont les grands profits dont nos vieux pays continentaux et leurs peuples ont pu tirer de cette construction, il est clair qu’ils ont du mal à citer deux ou trois domaines indiscutables.

De François Bayrou à Stéphan Le Foll en passant par Jean François Copé, c'est-à-dire les représentants des partis institutionnels qui gèrent le problème depuis cinquante ans, on retrouve, pourtant, un argument récurrent, qui est le suivant : « l’Europe a établit la paix sur le continent ».

L’idée est naturellement séduisante.

A première vue le constat parait évident. Depuis 1945, c’est vrai, les pays Européens ne se sont plus fait la guerre après s’être affrontés sans pitié durant trois conflits survenus en moins d’un siècle.

Pourtant, il convient de se demander si cet état de non belligérance est  la conséquence de l’Union ?

Répondre par l’affirmatif est assez tentant si l’on établit une simple relation de cause à effet.

Mais, s’en tenir à ce constat, serait un raccourci par lequel serait oublié un peu vite que la construction Européenne n’a débuté qu’en 1957 par le traité créant la CEE, si l’on excepte le traité sur le charbon et l’acier de 1951. Il s’écoula donc déjà 12 ans sans que les antagonismes ne se ravivent.

Par ailleurs, il convient de se rappeler qu’au sortir de la drôle de guerre, l’Allemagne fut coupé en deux, totalement désarmée et occupée par quatre puissances mondiales. Cette situation dura jusqu’au début des années 90 et aujourd’hui encore son l’armée demeure de faible capacité, inapte à se mesurer à une autre armée structurée et expérimentée.

De son côté la France victorieuse, s’est, elle, retrouvée entrainée dans deux guerres coloniales qui l’ont laissée pantelante et profondément marquée jusqu’au milieu des années 60.

Surtout, il serait grotesque de ne pas souligner que sous l’impulsion du Général De Gaule, la France est entrée dans le clan fermé (à l’époque) des puissances nucléaire. De ce seul fait, la guerre devenait improbable.

Elle le devenait d’autant plus que par-dessus notre continent les Etats-Unis d’Amérique et l’Union Soviétique se regardaient en chien de faïence muni de l’arme décisive de la dissuasion nucléaire et dans le coin de la tête une volonté d’équilibre dans ce secteur afin de pouvoir agir chacun dans leur pré carré respectifs.

Si bien que l’on pourrait inverser la proposition est dire « la paix retrouvée a donné une chance à l’Europe de se constituer solidement et durablement, chance  que celle-ci n’a pas saisie ».

La politique des petits pas initiée par Jean Monnet aurait dû très vite être remplacée par un rythme plus élevé et accompagnées d’ambitions plus fortes.

Faute de cette volonté nous connaissons aujourd’hui, une Union sans réel gouvernance donc sans cap.

Les Européens aujourd’hui ne sont plus certains de savoir pour quelle Europe ils veulent œuvrer. Veulent-ils plus d’intégration pour plus d’efficacité ? Veulent-ils plus d’autonomie et de souveraineté ?

Le résultat est que l’Union Européenne n’existe que virtuellement, sans aucun lien d’homogénéité ni mécanisme d’équilibre compensatoire, pas de diplomatie commune, pas de défense commune. A l’évocation de chaque question importante chaque pays défend son intérêt particulier.

En matière d’immigration, les socialistes aidées des verts et du Front de Gauche adoptent une attitude suicidaire qui consiste à privilégier le point de vue humanitaire au détriment des populations locales. Cela entraine des mouvements incontrôlés parfois violents et des déséquilibres budgétaires encore mal appréciés. De son côté la droite hésite à agir et persiste à croire à la nécessité d’accueillir des immigrants. Or, une Europe qui compte 19 millions de chômeurs n’a nul besoin de mains d’œuvre supplémentaire.

Pour finir, les membres de cette Europe ont procédé à un élargissement inconsidéré et néfaste à la cohérence.

Comment refuser de comprendre les peuples qui de plus en plus s’interrogent et s’inquiète pour l’avenir.