9. oct., 2014

Christophe BARBIER : "Notre Islam"

Monsieur,

Hervé GOURDEL est mort. Il est mort, victime de la barbarie la plus abjecte. Aucune excuse insane, aucune tolérance piteuse, aucune explication sagace ne peuvent atténuer l’atrocité de ce geste bestial. Toute tentative en ce sens serait une trahison envers le genre humain ; toute défausse ne serait que pire lâcheté et tout refus de cibler les vraies responsabilités une erreur fatale.
Hervé GOURDEL était français mais avant lui des cibles, elles aussi vulnérables, Anglaises ou Américaines, avaient connu le même sort.
Il y a quelques années, un autre Français, Ilan HALIMI, fut victime d’une même barbarie atroce. Ce drame avait soulevé un émoi de grande ampleur dans une grande partie de la société. Je n’ai pas le souvenir qu’il ait provoqué la même indignation unanime et sans appel, notamment de la part de ceux que ce geste aurait dû interpeler au premier chef.
Il y a quelques semaines à Bruxelles, au moins 3 victimes furent surprises par la mort que leur donna un certain NEMMOUCHE émule d’un certain Mohamed MERAH dont les exploits meurtriers demeurent un sommet d’ignominie. Notre société fut, en ces circonstances, choquée. On observa un même silence d’un certain côté, tout au plus, y perçut-on un léger frémissement qui ne montrait pas d’exhortation au rejet de l’inadmissible.
Il serait aisé d’énoncer une longue liste de cas de même espèce comme l’enlèvement de ces très jeunes femmes mises en esclavage sexuel par Boko Haram.
Il est frappant de constater que tous ces drames ont un lieu commun. Tous ces crimes sont commis par des musulmans contre des non musulmans ou bien des musulmans convaincus de collusion avec les infidèles.
Des musulmans sont enfin « descendus dans la rue », mais leur manifestation, tardive et circonscrite, ne peut s’inscrire que dans une logique purement ordinaire. Elle ne mérite aucune louange supérieure, ni même particulière, par rapport à celle des autres communautés. Elle aurait dû être plus ample, plus récurrente, plus unanime, plus unitaire et plus forte justement parce qu’elle visait des personnes de leur communauté sensées porter atteinte à l’image de ce qu’ils seraient.
Permettez-moi, au bout du compte et au bout de l’horreur, de considérer que leur motivation est, probablement, pour le moins et pour bon nombre d’entre eux, autant dictée par la crainte d’une mise à l’index que par un sentiment d’empathie réel et profonde.
Ces assassins sont musulmans mais tous les musulmans ne sont pas des assassins. Cependant le lien commun entre les uns et les autres est le Coran. Qui pourrait nier que la source est là ? Qui n’entend la voix de ceux qui s’en revendiquent pour l’accomplissement de leurs forfaits
Or, le Coran a ceci de particulier qu’il fut produit par celui qui s’autoproclama le dernier des prophètes de la religion d’Abraham. Cela est fort astucieux et bien commode car dès lors la recherche de la vérité est close. L’ultime mouture est la bonne, celle à laquelle tous les croyants doivent se rallier, celle qui ne peut être contredite puisque Dieu a donné, là, son ultime commandement.
Il est écrit que cette voie est celle de la paix, de l’amour et de la tolérance mais il est écrit, aussi, que la soumission doit être universelle. Donc, la paix, l’amour et la tolérance ne peuvent s’exprimer qu’au sein d’une communauté totalement homogène et subordonnée.
Je ne suis pas certain que tous les musulmans perçoivent concrètement l’aspect hégémonique de la démarche tout comme beaucoup de non musulmans font semblant de l’ignorer.
La loi est la loi. Elle peut s’appliquer avec plus ou moins de rigueur, mais elle doit s’appliquer. On le voit chaque jour dans tous les tribunaux. Il en va de même pour la charia…
Alors vous comprendrez sans doute, Monsieur, que « eux contre eux » ou « eux contre nous » sont des expressions qui font peu de sens et plus encore le « nous contre nous ». En effet, il ne fait aucun doute que dans l’esprit des promoteurs de cette idéologie politique et supposée religieuse, à terme, la distinction ne devra plus exister pour laisser place au peuple planétaire de la soumission.
Qui refuse de comprendre cela se comporte comme un témoin poltron qui tourne pudiquement les yeux face à l’agression du faible par la brute primitive.
Qui ne souhaite démentir et refuser le sens du texte est complice des dérives inhumaines qui se produisent ici où là, aujourd’hui plus qu’hier mais moins que demain.
On ne combat pas la peste avec du thé à la menthe et de bonnes paroles