28. nov., 2014

Zemmour, cet ennemi redoutable…

BD Voltaire. Le 6 novembre 2014

Tous les politiques de France sont aujourd’hui unis contre un ennemi commun. J’admets que cette idée puisse surprendre. Un même ennemi à Jean-Luc Mélenchon, à Manuel Valls et à Alain Juppé ? Voilà une idée bien étrange !

Est-ce le chômage ? Non ! Est-ce la baisse régulière du pouvoir d’achat des Français ? Non ! Est-ce l’augmentation de l’endettement de l’État ? Non ! Est-ce l’exaspération face à la perte d’autorité du gouvernement ? Non plus.

Mais alors, qui peut bien être cet ennemi redoutable qui fédère contre lui l’ensemble des forces de la nation ?

Même Marine Le Pen et le Front national n’avaient jamais été l’objet d’un tel front républicain aussi unanime. Ce diable a un nom : Éric Zemmour. Que lui reproche-t-on ?

Il est sermonné car il ne manie pas la langue de bois. Il est rabroué parce qu’il refuse de se laisser enfermer dans la pensée unique qui s’est emparée de tous les autres. Il est condamné parce qu’il démontre, sans le moindre doute, en le démontant pièce par pièce, le processus qui a conduit, par paliers, la France à un niveau de faiblesse insigne. Il est attaqué parce qu’il établit l’acte d’accusation qui les désigne tous coupables de cette décadence. Il n’est pas simple de répondre de façon convenable et convaincante à un tel procès.

C’est pourquoi il est attaqué, non sur cette démonstration sans équivoque et qui recueille l’approbation d’une très grande part de l’opinion, mais sur 7 pages de son dernier ouvrage, « Le Suicide français ». Entre la page 87 et la page 94, il démythifie le préjugé imposé à tous, qui se résume en une pensée « paxtonienne » selon laquelle le sort qui toucha les juifs français n’aurait pas été moins destructeur que celui qui toucha les juifs des autres pays d’Europe, sauf à considérer l’efficacité de l’action courageuse de quelques Justes.

Cela est faux, bien sûr, les archives abondantes démontrent cette méprise. Mais surtout, il ne faut pas le dire car, alors, « haro sur le baudet » pour celui qui révèle cette observation. Il fait offense – pêle-mêle – à Chirac, à Hollande, à BHL et à tous les bons élèves studieux de Paxton, le maître vénéré et jusqu’alors contesté mais jamais défié.

Facho, collaborationniste, pétainiste… On a tout entendu et, bien sûr, Éric Zemmour n’est rien de cela. Il ne porte pas de jugement clément sur le régime de Vichy et ne dédouane pas Pétain des charges qui sont les siennes devant le tribunal de l’Histoire. Avec un bon sens désarmant et sans parti pris, il ne fait qu’apporter un point de vue relativisant, là où régnait un absolu de la pensée. Voilà le crime. Il représente un danger parce qu’il dérange l’ordre établi.

Pour le reste, le régime de Vichy demeure, globalement et sans circonstances atténuantes, condamnable pour son antisémitisme. Et nos gouvernants, depuis 35 ans, restent tous globalement et solidairement coupables d’avoir produit les conditions du « suicide français ».

Jean-Jacques FIFRE