15. déc., 2014

Il ne faut pas renoncer à ce que nous sommes vraiment

Bd. Voltaire 14 décembre 2014.

J’ai toujours cru que la communauté nationale était une famille à l’échelle du peuple. Comme dans toute famille, tout n’y va pas, toujours, pour le mieux, mais cela fonctionne.

Hier, cela fonctionnait parce qu’il y allait de l’intérêt principal de chacun comme de celui du collectif, agrégat de nécessités individuelles compatibles. Mais cela fonctionnait aussi parce que le lien de l’identité nationale partagée, l’appartenance à une histoire commune assumée et le creuset des valeurs revendiquées tracé par l’action des anciens aux modernes donnaient à la nation une existence cohérente qui dépassait les clivages existentiels primaires et les accidents conjoncturels.

Aujourd’hui, ces forces disparaissent et le corps de la nation se disperse, aspiré par des énergies centripètes, faites d’agression et de révocation, d’égoïsmes pitoyables et de renoncements coupables, d’altruisme inconsidéré et de haine de soi, le tout concordant à établir cette désagrégation.

Le fer, porté au cœur par les ennemis de l’extérieur, ne rencontre plus, comme dans les grandes heures du passé, la valeureuse et ardente défense légitime.

La volonté de préserver la patrie n’embrasse et n’embrase plus l’amour des citoyens. Certains se laissent séduire par les sirènes perfides d’une foi étrangère, aux envies dominatrices hégémoniques et exclusives.

Mais le plus grave concerne la collaboration, l’ennemi intérieur aux multiples visages. Derrière des masques souvent avenants se dissimulent ceux qui pactisent avec le diable. Or, le diable se soucie peu des moyens si le succès est là.

Qui est l’ennemi ? Puisqu’il faut le désigner, disons son nom : la finance. Quelle est sa nature ? Internationale. Quels est son objectif ? La mondialisation.

La dissolution des souverainetés et la transformation des citoyens en consommateurs interchangeables dociles et avides permettront la création d’un nouvel ordre planétaire dans lequel la loi du plus fort remplacera l’État de droit. L’effacement des frontières et la dissolution du sentiment patriotique, l’anéantissement de la cellule familiale et le gommage des différences sexuelles, l’élimination des références historiques et culturelles, la mixité à l’échelle du globe, voilà ce qui nous est promis.

Cela est-il souhaitable ? Est-ce que la majorité d’entre nous désire suivre ce chemin ? Sincèrement, je ne le crois pas.

Cependant, nous sommes hypnotisés par le libéralisme de droite et le libertarisme de gauche présentés comme le progrès absolu, avancée obligée et forcément bénéfique. Nous sommes anesthésiés par la vacuité idéologique de notre époque. Nous sommes ficelés par le courant de la pensée unique.

Il est temps de revenir à la famille, fût-ce au prix de moins d’individualisme, temps de revenir au peuple souverain dans les dimensions de la nation.

 

Jean-Jacques FIFRE