20. déc., 2014

Non, l’immigration n’est pas un monolithe

Bd Voltaire le 18 décembre 2014  

 

L’immigration, sujet majeur mais souvent éludé, sujet qui fait le buzz aujourd’hui. Cela par la volonté  d’un président qui n’a de cesse que de cliver l’opinion, de défaire le sentiment de cohésion, de diviser le pays pour l’illusion de gouverner un peu.

Quand l’histoire du mariage fut reléguée aux effluves du souvenir, les promesses du redressement dissoutes dans la résignation des Français, il fallut trouver autre chose qui redonna un sens à la mystique du « progrès ».

L’inauguration de « la Vité nationale de l’immigration » lui parut le moyen de reprendre la main dans la confusion des sentiments opposés, exacerbés. Sur cette inauguration, la pertinence d’un tel lieu, l’opportunité du message opposant une France engoncée dans les habits prétendument étroits de son histoire, à une France ouverte, généreuse et accueillante, tout a été dit. Pourtant, le terme même d’immigration, accolé au nom de France, mérite qu’on s’y arrête un instant.

Il en parle comme d’un fait très ancien se confondant avec l’origine de notre histoire. Or, il n’apparaît qu’avec l’émergence de la citoyenneté, avec la révolution à la fin du XVIIIe siècle. Il l’évoque comme s’il était l’expression d’un phénomène homogène. Cette conception est inexacte. La simple observation le démontre.

Il y a en fait deux « immigrations ». Il y a celle d’avant la Seconde Guerre mondiale et celle d’après.

La première concernait des gens dont la culture, les modes de vie et la religion prédisposaient à l’intégration, à l’assimilation. Polonais, Italiens, Portugais ou Espagnols devinrent français, naturellement et complètement, bien qu’ils n’aient pas toujours été accueillis à bras ouverts. Nombreux ont contribué à la grandeur de ce pays. Marie Curie, Émile Zola, Reggiani, Charpak… bien d’autres, qui n’ont pas cessé de chercher à devenir français et de servir la nation de leur talent. Ils furent une chance pour la France.

Il y a l’immigration d’après 1945. Elle concerne des gens dont la culture, les modes de vie et la religion sont autant d’obstacles à l’assimilation, à la simple intégration. Leur présence résulte de plusieurs facteurs opposés aux valeurs de la République. Certains sont ici par la volonté de quelques grands chefs d’industrie, devenus un sous-prolétariat. Certains sont ici, attirés par les lumières d’une réussite économique qui s’éteindront si l’afflux ne cesse pas, ne s’inverse pas.

D’autres sont ici par une volonté d’appropriation, justifiée par une haine farouche et un sentiment de supposée humiliation nés dans l’histoire des siècles passés.

Ceux-là n’ont aucune volonté d’assimilation. Ils voudraient que la France prenne une allure imposée par leur modèle. C’est ce que nous disent, de façon voilée, Tariq Ramadan et ses Frères musulmans, dans un discours sans voile, les Mohammed Merah et autres Nemmouche pour ne citer que ces deux espèces de nouveaux Français. Tous ceux-là ne sont pas une chance pour la France. Ils sont un poids. Ils sont une menace.

Jean-Jacques FIFRE