10. janv., 2015

IMMIGRATION + EUROPE = FRANCE ÉCLIPSÉE

Dès les années 80, certains  dénonçait une immigration extra Européenne progressant dangereusement. Cet avis de bon sens se heurtait à une large contestation. De l’ignorance à l’opprobre, une gamme de positions incrédules s’opposait à ce constat prophétique.

Aujourd’hui, il n’est personne, hormis quelques irréductibles, aveugles face à une mixité inconciliable,  donc conflictuelle, qui ne considère qu’un seuil dangereux n’ait été atteint. Demeure la question de la résolution de ce mal qui clive l’opinion. Certains avancent des idées que la majorité repousse au nom d’un principe qui pourrait nous couter cher. Jusqu’à quand cette absence de discernement maintiendra t-il ce déni mortifère de réalité ?

Cette leçon ne semble pas avoir rendu l’opinion plus attentive. Il est un autre domaine où certains esprits éclairés se voient  rejoints par la cohorte des anciens exaltés d’une cause unitaire qui devait établir la paix,  la prospérité, la civilisation absolue et exemplaire pour toujours : l’Europe.

On nous disait, l’Europe c’est l’assurance de ne plus connaître les conflits destructeurs du passé. Qui pouvait croire que l’ennemi d’hier, désarmé, soit en capacité de nuire à la concorde ? (Face à l’arme atomique ?) Qui pouvait supposer que la « guerre froide », imposée par les superpuissances, n’empêcherait l’irréparable ?

On nous disait, l’Europe, voilà le chemin de la prospérité assurée ! L’alliance de la France avec l’Allemagne, avec quelques autres, pouvait faire de cet espace, au prix de souverainetés conciliées, la première puissance du monde. Mais les extrémistes Européistes ont poussé l’expérience hors des limites du cohérent. Ils ont procédé à un élargissement forcené, absurde, sans cohésion. Ils ont poussé le mouvement d’adhésion à faire de l’Union une  nasse obèse d’agrégats plutôt qu’une union forte d’intégration.

On voit le niveau de l’emploi ne cesser de se dégrader. On constate que les équilibres financiers  sont assurés au prix de sacrifices devenus insupportables. On remarque que les grandes unités productives quittent le navire pour d’autres cieux avantageux. On déplore, aussi, que la gouvernance de notre navire ne soit plus assurée à Paris, mais pas davantage à Bruxelles où les moyens de coercition administrative demeurent inopérants face à des enjeux antagonistes. Ils ont fait de cet espace, jadis centre du monde, un grand marché de libre échange propice au commerce de tous à l’exclusion du notre. Nous attendions autre chose, une entité politique gage réel de prospérité et de sécurité.

L’opinion concordante, d’un nombre d’économistes et de politiques éminents, étaye ce point de vue établissant comme possible un pas vers la dissolution de l’Euro, étendard illusoire d’une abstraction chimérique.

Gageons que viendra l’heure où la question du recentrage de la souveraineté s’imposera. Mais il s’agira sans doute d’une nouvelle leçon apprise avec plusieurs temps de retard.

 Jean-Jacques FIFRE