15. janv., 2015

LE COMBAT POUR LA LIBERTE.

Nous avons tous vécu, je crois ces derniers jours avec de la peine, de la peur et de la colère. De la peine pour les victimes, que nous connaissions sans les connaître, de la peur provoquée par la barbarie et de la colère suscitée par le viol de la liberté dont notre pays est le porte drapeau et à laquelle nous sommes tous profondément attachés.

L’émotion collective retombera, bien sûr, dans un jour, dans dix jours ou peut-être davantage, cela est inévitable. Mais l’évènement restera dans la mémoire de chacun, d’une façon ou d’une autre.

Pour ma part, au-delà du sensible, je retiendrais un trouble profond, qui s’est emparé de moi, à écouter les élites, relayés par les médias. A l’entame de leur discours de circonstances, le mot « amalgame » est revenu comme une litanie irritante sur un sujet qui pourtant fait l’unanimité où presque : la liberté d’expression. Le préjugé me parait indéniable.

Cette rengaine est irritante parce qu’incongrue et partiale.

Il est totalement incongru, en effet, de prévenir naïvement (ou bien alors sournoisement) l’amalgame, puisque ce dont il est question n’est que la suite chronologique (à intervalle de 8 ans) du procès des caricatures de Mahomet. Or, si l’on veut bien faire un effort de mémoire, c’est bien le coran au travers de l’image du prophète qui était alors « critiqué » et c’est bien cette critique qui faisait l’objet d’une plainte déposée par le Conseil français du culte musulman. Mohamed Sifaoui, lui-même, musulman et journaliste, (comme d’autres tel Abdelwahab Meddeb musulman et poète tunisien) apporta son témoignage, documents à l’appui, pour montrer  l’usage désastreux qu’autorise « le texte ». Il ne faut pas en douter, l’assassinat des « Charlie Hebdo » est une fatwa et Sifaoui est l’objet d’une autre fatwa pour apostasie présupposée. La France elle-même est menacée d’une fatwa par venant d’un pays musulman du golf persique. Il ne peut y avoir d’incertitude sur les protagonistes de cette triste affaire ainsi que leurs motivations.

Par ailleurs, l’arbitraire a fait son entrée sur la scène de l’indignation générale puisque ceux qui profèrent, par anticipation, les miscellanées de la pensée unique, ont agi en contradiction avec leur étrange prospective en « amalgamant », la veille même du massacre, Michel HOULLEBECQ, au nom de je ne sais quelle prérogative singulière. On a vu que l’écrivain n’avait, en l’occurrence « pas tout faux ».

Certains ont fait mieux, plus tôt et plus fort, avec à leur tête le déroutant Monsieur VALLS, interdisant de facto la lecture de « Suicide Français » d’Eric Zemmour. Tous unis pour que l’unité de TOUS les français ne se manifeste dans l’union la plus totale. N’assiste t-on pas ici à un dévoiement des principes fondateurs de la république dont la liberté, la tolérance et la justice sont les étendards précieux ?

N’oublions pas non plus, traitrise parmi les traitrises, Vincent Peillon, assurant que « le catholicisme est incompatible avec la République au contraire de l’islam », en pensant que le 1er ministre et le ministre de l’intérieur professent des idées similaires.

Il faudra bien, un jour, me semble t-il, que la véritable liberté d’expression soit totale et totalement respectée dans ce pays, considéré comme celui de la liberté (ainsi que des libertés)…Que les procurateurs qui ont interdit (Lamy, Wauquiez et nombreux autres) la présence du premier parti de France à la manifestation « d’unité nationale » de dimanche, taisent leur vindicte politique et se taisent !