10. juin, 2015

LE MENSONGE EST PIRE QUE LA FAUTE !

Depuis plus d’un siècle et demi, notre bonne vieille République n’a jamais été épargnée par les scandales politico-financiers. Qu’il s’agisse d’abus de pouvoir ou de bien sociaux voire des deux à la fois, la droite et la gauche ont toujours su faire preuve d’une surenchère renversante..

Bien sûr, il y en eut de bien retentissant sous la IIIème, mais ses « successeuses », comme une Royale ministresse aurait qualifié la IVème et la Vème, n’en furent pas dépourvues.

Depuis les cigares du ministre pas aussi blanc qu’il n’y paraissait, jusqu’aux vrais comptes dissimulés au percepteur par un authentique filou chargé de contrôler les fraudeurs du fisc, en passant par les extravagants frais de bouche d’un ex-premier magistrat de la capitale, et jusqu’au dispendieux duplex d’un mandataire des économies du pays, les fourberies récentes de notre classe politiques sont légions, parfois sérieuses et d’autres fois plus légères.

Cependant, lorsque ces affaires prennent une telle hauteur qu’elles en arrivent au plus haut sommet, elles ne peuvent manquer d’effaroucher le citoyen qui, lui, n’est jamais absout quelque soit la faute qui lui est reprochée.

Pris par sa ferveur identitaire catalane, emporté par sa passion footballistique et son amour immodéré du FC Barcelone, notre premier ministre ne sut résister à son désir de suivre in vivo la finale de la ligue des champions. Qui à sa place aurait résisté à une telle envie ? Quitte à plaquer ses « amis » congressistes ?

Et bien, quoiqu’il en soit, il le fit, emmenant in petto ses deux fils avec lui.

Est-ce un crime ? Disons le tout net, par comparaison avec d’autre, la réponse est non.

En revanche, s’agit-il d’une faute ? Sans ambigüité la réponse est oui !

Il s’agit d’un forfait à l’égard de tous ceux qui, comptables et victimes de l’état déplorable du pays dont il ne peut nier une large part de responsabilité, n’ont pas eu son opportune faveur.

Il s’agit d’un délit pour un usage personnel des biens et des deniers de la collectivité.

Mais, il y a bien plus grave dans cette affaire. Il s’agit de l’emploi du mensonge comme moyen d’absolution, du prétexte politique pour cacher la réalité privé du déplacement.

Qui pourrait croire à l’impérieuse nécessité de rencontrer Michel Platini, le président du foot Européen, comme il le prétend ? La ficelle est bien épaisse.

Un président américain fut puni par la loi et la vox populi pour avoir nié une faveur indue si non imméritée, qu’une irrésistible jeune stagiaire lui avait prodiguée.

Plus que la faute, le mensonge condamne celui qui cède à la prévarication et lui ôte sinon sa légitimité du moins sa crédibilité.