9. juil., 2015

LE GREXIT : UN FAUX PROBLEME QUI EN CACHE UN AUTRE !

Ce qui est frappant, dans le grand débat sur le problème de l’endettement public de la Grèce, c’est de constater à quel point chacun focalise son analyse sur la responsabilité présomptive de cet Etat débiteur ou, au contraire, sur celle de ses créanciers et néanmoins partenaires.

Les Grecs sont loin d’être exempts de reproches. A force de s’être comportés comme la cigale, artiste idéaliste et insouciante, ils se retrouvent aujourd’hui fort embarrassés et contraints de quémander quelques nouvelles libéralités auprès de leurs austères et réalistes préteurs, que certains autres trouvent trop rigoureux et aveuglement égoïstes.

Certains défenseurs de la cause Hellène vont jusqu’à reprocher au leader des contributeurs, c'est-à-dire l’Allemagne, d’avoir connu, par le passé une situation similaire à celle de la Grèce et d’avoir bénéficié de largesses qui sont aujourd’hui discutées à Athènes. Epouser cette idée revient, ni plus ni moins, à constituer un amalgame entre deux situations incomparables. En effet, la culpabilité des causes et des conséquences de la « grande guerre », comme celles de la « drôle de guerre » est largement partagée, si l’on veut bien traiter à part les crimes nazis. Je pense à l’angélisme des nations alliées avant les conflits comme à leur intransigeance à leur issue. Au bout du compte les rêveries de Jaurès et la brutalité du traité de Versailles ne peuvent être effacées d’un revers de manche.

Mais en réalité là n’est pas la question.

Ce que le NON massif du référendum du 5 juillet 2015 a voulu signifier, c’est que ce peuple, porte drapeau de nombreux autres, ne croit plus en cette Europe.

« Lorsque le sage montre la lune, le sot regarde le doigt ». Lorsque les électeurs montrent la défaillance de l’Europe, les oligarques gouvernants de Bruxelles ne voient qu’un accident de parcours.

Souvenons nous qu’en 2005 la consultation du peuple français avait entrainé une réponse identique avant d’être niée par un plan machiavélique ...Ce qui tendrait à démontrer qu’en plus d’être sots nos dirigeants ne sont pas irréprochablement honnêtes.

Il est fort probable, quelque soit l’issue des négociations en trompe l’œil qui se déroulent aujourd’hui et pour quels temps encore,  que rien ne sera régler, ni durablement, ni en profondeur.

Ce qui est en cause c’est cette Europe mal faite, cette Europe bancale, tigre de papier, incapable de parler d’une seule voix, démunie de mécanisme financier, fiscal et juridique commun, ouverte à tous les vents mauvais.

Ce qui est en cause c’est ce conglomérat faussement constitué qui amuse les grands de ce monde, Chine, Russie et USA qui regardent un peu perplexe l’agitation grotesque qui leur laisse champs libre dans la concurrence mondiale.

Ce qui est frappant c’est d’observer que l’on oublie toujours  “qu’il peut y avoir des erreurs de diagnostic, mais qu’il n'y a pas d'erreurs de jugements,  car c'est le jugement qui est une erreur » surtout lorsqu’il s’adresse au peuple.