1. août, 2015

LA METAMORPHOSE SEMANTIQUE DES REALITES

Avez-vous remarqué comme chaque époque est marquée par l’emploi de vocables typiques ? Il est des expressions dont l’usage dure ce que dure les modes, un temps relatif saisonnier, parfois un peu plus. Comme des tics, elles se répètent lourdes et absurdes. « Entre guillemets » pour se démarquer d’une affirmation que l’on fait malgré tout. « Tu vois » pour s’assurer que l’autre comprend et  valider l’allégation ...Ou bien encore « c’est clair » pour, à l’inverse, montrer que l’on a saisi le propos de l’interlocuteur et le valider.
Dans la plupart des cas, on ne sait trop où elles naissent ni comment elles prennent  tant de place. Ce que l’on peut dire c’est qu’il s’agit d’un aspect du langage populaire, c'est-à-dire celui des gens de la société et pas forcément ceux de la « France d’en bas ».
Il y a en revanche des formules dont on sait parfaitement l’origine et plus encore la motivation. « La France d’en haut et celle d’en bas », justement, est une locution pragmatique et Balzacienne, mais reconquise par Jean-Pierre Raffarin dans un objectif politique évident.
Longtemps, on appela « femme et homme de ménage » ou « éboueurs » ceux que l’on nomme, aujourd’hui, dans un louable souci de valorisation, techniciens de surface sans que cette évolution n'entraine aucune réalité au fond..
Et puis, il y a, enfin, et cela est grave car il touche au fondement du réel,  tout un vocabulaire, véritablement, consubstantiel de la démagogie politique qui utilise les arcanes parfois douteuse d’une sémantique instrumentalisée.
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, bien connu pour son machiavélisme  disait volontiers que la parole fut donné à l’homme pour déguiser sa pensée.
On dit aujourd’hui « des jeunes » pour désigner les délinquants banlieusards auteur d’actes de barbarie renommés incivismes.  Il s’agit de ne pas faire d’amalgame ce que précisément l’on fait en englobant dans un même groupe toute une tranche d’âge au lieu de désigner une frange bien définie de la population comme les responsable des brutalités sociales et non des simples incilités comme il disent.
Comble de la déviance sémiologique de ce temps, il convient de considérer les immigrés clandestins en situation illégales comme des "migrants". Il convient en définitive d’accepter de voir en eux des personnes portés par un mouvement légitime de population allant d’un pays à un autre. Il va de soi de justifier ces actes inacceptables, de leur donner un aspect légal…Cela mériterait d’être vérifier, auprès des habitants de Calais ou bien ceux de Menton. Il s’agit d’accepter de subir ces assauts, au mieux avec fatalisme, et parfois en considérant qu’il est une réelle chance pour soi d’être soumis à une telle violence civilisationnelle. Beaucoup l'acceptent car ils ne voient cela qu'au travers des illusions mensongères des média.
Il arrive un moment où comme le disait TALLEYRAND (encore lui) ce qui est cru devient plus important