30. sept., 2015

QU’A-T-ON FAIT DE L’IDEAL DEMOCRATIQUE ?

Nous vivons une drôle d’époque.

Enfin, « drôle » n’est peut être pas tout à fait le qualificatif qui convienne. Peut-être faudrait-il dire cocasse, ou bien grotesque, ou alors étrange, voire ahurissante.

Chaque jour l’actualité nous donne l’occasion de mesurer combien ce qui devrait aller de soi  devient soudain obsolète, décalé, contredit.

Depuis plus de deux siècles, nous pensions liberté, égalité, fraternité, valeurs que certains ont assimilées à responsabilité, autonomie et équité. Mais des dérives ont affecté notre idéal sociétal et ont perturbé  les règles de fonctionnement qui en découlait.

Par exemple, lorsque Marine Le Pen dénonce justement les prières de rue qui constituent une occupation des espaces publics et qui empêche la libre circulation des citoyens, il en est qui la rabrouent et exigent réparation pour expression xénophobe (sic !). Les tribunaux sont saisis. La fauteuse est médiatiquement punie et le jugement prononcé d’avance.  En revanche, lorsque d’anciens comiques en mal d’inspiration, tels Guy Bedos ou Stéphane Guillon, usent de toute les obscénités dont leur vocabulaire regorge pour contester une personnalité publique, la justice saisie entérine leur procédé abjecte comme un élément à part entière de leur « talent » qui ne dépassent pas ‘leurs outrances habituelles’.  Elle les relaxe.

On ne juge plus les faits et gestes des impétrants de la chose publique à l’aune de critères universellement admis, mais en fonction du positionnement sociopolitique de ces quidams. Vous avez dit éthique ?

Mais, plus grave, ce dévoiement se manifeste aussi dans la considération que portent les pouvoirs publics à leurs administrés et néanmoins électeurs  Ainsi, il ne fait aucun doute, pour nos gouvernants, instruits et savants, tuteurs éclairés et incontestables de nos destins, que notre avenir se situent dans l’unique perspective de leur construction européenne. Et peu importe que nous n’en soyons pas certains puisqu’eux sont persuadés de leur juste approche. Vous avez dit démocratie ?

Pareillement, nos ministres « intègres » allèguent que la seule réponse possible au terrible défi posé par la « crise migratoire » (comme ils disent) soit l’accueil sans borne.

Ne peuvent-ils pas admettre que cette réplique divise l’opinion ? Ne peuvent-ils au moins le vérifier ? Vous avez dit démocratie ?

Cette période que nous vivons ressemble étrangement aux années qui ont précédé 1789 sur le plan de la situation politique. Un peuple qui se plaint de n’être pas entendu face à un pouvoir qui ne veut pas entendre.

Mais nos voisins catalans, las d’une cohabitation culturelle et économique asphyxiante, connaissent un avatar comparable dans leur recherche  d’une souveraineté plus accomplie. Leur gouvernement, sourd à leur interrogation, demeure tel un impassible autiste dont la réaction est perpétuellement inadéquate à la réalité.

Idem chez nos amis écossais, et sans doute pour l’Italie du Nord.

Ne serait-il pas temps de démocratiser la démocratie ?...De la rendre plus participative voire plus directe…après tout l’exemple Suisse n’est pas le pire en matière de…démocratie !

Jean-Jacques FIFRE