21. oct., 2015

QU’EST-CE QU’ETRE FRANÇAIS ?

Nadine Morano avait, bien maladroitement, et sans doute bien involontairement ouvert un débat qui l’a dépassée avant de l’engloutir. Elle cita le Général De Gaulle avec imprécision et sans aucune précaution oratoire, se livrant ainsi à une facile critique suivie d’un lynchage en bonne et due forme.

La classe politique est convenue, avec une unanimité un peu douteuse, que le mot race devait être banni du vocabulaire caractéristique de l’espèce humaine. Dont acte… Même si il n’est pas interdit de penser que l’harmonie n’était que de façade, nombreux étant ceux qui auraient pu endosser la proposition « moranesque » pour intimement la partager.

Il faut bien dire que le discours politique a, dans notre démocratie,  la fâcheuse propension à faire usage de l’argutie sémantique quand il se trouve démuni d’arguments sérieux.

Chacun avait bien compris que la député européenne  affirmait qu’il y a bien une identité commune aux français et si le mot race put ne pas convenir, il eut pu être licite de parler de type. Les français sont originellement de type caucasien comme les camerounais sont de type africains et les chinois de type asiatique, c'est-à-dire qu’ils sont blancs, c’est là leur caractéristique biologique évidente. Point de débat donc.

Sauf que, au-delà de ce faux problème, il existe un vrai conflit sur l’existence d’une véritable identité française. Certains s’enorgueillissent de la méconnaitre. Ce sont sans doute les mêmes qui ambitionnent d’effacer les frontières, qui prétendent qu’on ne nait pas hommes ou femmes mais qu’on devient l’un ou l’autre après avoir choisi, ceux, encore, qui nient le sens de l’histoire.

N’en déplaise à ces négationnistes, à la naissance, outre la vie, il y a deux choses que l’ont doit à son père : son nom et sa nationalité. La filiation est la voie par laquelle chacun scelle sont appartenance à une famille et à une nation. Cette intronisation suppose un agrément sans condition qui  concrétise cette inclusion dans le groupe identitaire.  

Bien qu’étranger de naissance, certains peuvent acquérir la nationalité française. Les conditions sont la pratique de la langue et l’amour de ce pays à nul autre pareil.

Dès lors, il est évident qu’être français c’est s’exprimer principalement en français. C’est ensuite aimer ce pays pour sa civilisation qui est un agrégat cohérent d’éléments culturels. C’est reconnaître la grandeur de son histoire. C’est admettre l’originalité de son patrimoine artistique et la richesse de son héritage spirituel fondé sur la chrétienté et de culture grecque et latine. C’est estimer la diversité, la profusion et la beauté de ses territoires. C’est respecter la patrie et se souvenir de ses morts glorieux

C’est définitivement renoncer au multiculturalisme qui ne peut conduire au bout du compte qu’à une totale déculturation. C’est refuser le droit du sol, phénomène de hasard par lequel sont reconnus français des individus qui n’en ont pas l’ambition voire ont une préférence autre que la France.

Jean-Jacques FIFRE