6. nov., 2015

DE LA SEMANTIQUE BIEN COMPRISE A UNE RETHORIQUE HONNETE VOILA LE CHEMIN DE LA TOLERANCE BIEN ÉPROUVÉ

Je viens d’entendre sur internet, la polémique entre Christophe Baugrand, journaliste à TF1 et Christine Boutin, relative au propos de cette dernière. La phrase polémique est la suivante : « l’homosexualité est une abomination ».

L’affaire était appelée devant la justice par des associations dont celle de Monsieur Baugrand. Elle est en attente de jugement.

Pourquoi tant de bruit.

Abomination veut dire « qui provoque un sentiment d'horreur, d'aversion. »

Un sentiment est une intuition pouvant conduire à une opinion.

Donc,

Donc, « abomination » veut dire  « qui provoque une intuition d’horreur conduisant à une opinion ».

 

Si je dis l’autisme est une abomination. Qu’ai-je voulu dire ? J’ai voulu dire que l’autisme provoque en moi une intuition d’horreur conduisant à l’opinion que j’ai de cette conjoncture psychique qui touche bon nombre d’individus et certain de mes proches.

Mon propos vise la chose et non  l’individu, bien sûr, car lui ne fait que subir sans avoir choisi même si au bout du compte il peut faire face à la situation.

Ai-je commis, en qualifiant cet état, un acte délictueux ? Je ne le pense pas. Ai-je commis un acte de malveillance à l’égard des personnes dans cet état ? Je ne le pense pas non plus, j’en suis même certain.

Maintenant, remplaçons le mot « autisme » par celui d’homosexualité. On arrive à la phrase prononcée par Christine Boutin : « l’homosexualité est une abomination, l’homosexualité provoque en moi une intuition d’horreur conduisant à l’opinion que j’ai de cet état ». Christine Boutin a t-elle commis un délit ? Je ne le pense pas. A-t-elle proféré une offense à l’égard des personnes ? Je ne le pense pas non plus, elle a, simplement, donné son sentiment sur cette « orientation » dont certains peuvent finalement s’accommoder.

Prétendre le contraire serait agir de manière abusive et abusivement contraire à la liberté d’expression. Ce serait attaquer cette personne en raison de son opinion.

 

Ai-je le droit de dire que l’alcool me révulse ? Ai-je le droit de dire que le tabac ou la drogue et leurs effets me bouleversent ? Sans doute oui. Est-ce pour autant que je condamne les gens qui  boivent ou fument ? Non bien sûr, car cela ne me regarde pas.

Ai-je le droit de dire que je n’aime pas le socialisme ? Cela ne m’empêche d’avoir des amis socialistes. Ai-je le droit dire que je dédaigne la franc-maçonnerie ? Ai-je le droit de dire que je n’aime pas l’Islam ? Cela ne m’empêche pas d’avoir des amis musulmans et aussi des amis franc-maçons.

 

La véritable tolérance est là, dans cette attitude qui permet à chacun d’être en accord ou en désaccord sans viser ad hominem.

 

Jean-Jacques FIFRE