5. déc., 2015

Le jeu n’est pas le même quand on est deux ou quand on est trois.

Nous serons appelés dimanche prochain à voter pour le 1er tour des régionales. Depuis 1986, régulièrement, le taux des abstentions a progressé pour atteindre un record en 2010 à 53.64%.
Gageons que, cette fois ci, le nombre des votants sera en nette progression. Si tel est le cas, il faudra en chercher les raisons dans le fait que les enjeux dépasseront très largement les limites de chacune des 13 nouvelles régions établies par la loi du 15 janvier 2015.
Il faudra bien sûr donner une lecture nationale à cette consultation qui n’a plus rien d’une consultation à caractère local.
Mais alors dira t-on, quelle est la cause de ce déplacement d’intérêt ?
Pour la toute première fois dans l’histoire de la Vème   république, nous allons assister à un match à trois et chose peu banale, les anciens titulaires alternatifs du pouvoir attribué sont certains de ne pas vraiment faire la course en tête. En effet, le Front National, ayant bien et loyalement combattu depuis de nombreuses années, va se trouver en passe de connaître quelques vrais succès.
S’il y parvient, disons le tout net, cela n’aura pas été sans mal, par la force d’une adversité multiple souvent privée de pertinence et parfois illégitime.
En premier lieu, il faut bien sûr noter l’acharnement haineux et paniqué de Manuel Valls qui n’hésitait pas quelques heures avant le drame du 13 novembre dernier, à clamer haut et fort que le grand danger pour la France était le FN (comme il dit)…Pas le terrorisme, non, le Front National. Etrange position, étrange et inquiétante !
Il y a ensuite les artistes, rois de la chansonnette ou saltimbanques de tous acabits, qui menacent de quitter la France, (quand ce n’est pas déjà fait pour des raisons moins avouables) si le Front National venait à gagner.
Il y a, plus surprenant, les patrons d’entreprises et le premier d’entre eux, Pierre Gattaz, qui redoutant quelques redoutables mains mises sur leurs misérables profits, se mettent de la partie pour fustiger le nouveau parti.
En gros, dans ce concert d’adversité hétéroclite, il ne manquerait plus que l’armée du salut, les mutuelles et peut-être les clubs de L1.
Cependant, jusqu’à preuve du contraire, le jeu démocratique n’a pas exclu formellement la Front National de la partie. Donc sa présence est non seulement légale mais elle est légitime. Il se trouve de surcroit que son programme, n’en déplaise à ses adversaires fébriles, est pertinent en ce qu’il offre une alternative au PCDA (programme commun des autres).
Par ailleurs, si comme le prédit la quasi-totalité des sondages d’opinion, il se trouvait que le Front National se place devant ses opposants avec un pourcentage de voix qui se situe entre 35 et 40 %, la perversité des attaques parfois sordides portées contre le Front National, le seraient alors contre ses électeurs. Cela serait indigne de la démocratie française.

Jean-Jacques FIFRE