14. déc., 2015

Récit de mon étrange journée d’assesseur mandaté par le Front National.

J’ai toujours voté, excepté durant une courte période, après 1981, ayant déchiré ma carte électorale, pour cause d’égarement de la pensée politique des français et d’effondrement de ce qui avait fait le génie de notre modèle.

J’ai toujours voté et, d’aussi loin qu’il me souvienne, j’ai toujours milité pour la vraie droite, celle qui place au dessus de tout, la France et les Français et pas uniquement leur argent. Je n’ai qu’un mérite relatif dans ce choix, puisque le modèle, que m’ont donné mon père, mon oncle, mes deux grands pères  et quelques-uns de mes grands oncles, a constitué le moteur de ma conviction. L’exemple de leurs actes sincèrement patriotiques, exercés en des moments clefs de notre histoire, m’ont inspiré un amour immodéré de mon pays.

Depuis que je suis en âge de le faire, donc, j’ai toujours milité, même si je n’ai pas toujours été « encarté », mais jamais encore je n’avais consacré de mon temps à la contribution démocratique directement active.

Depuis le 6 mai 2015, c’est enfin chose faite, puisque j’ai fait partie d’un bureau électoral d’un canton de ma ville, à l’occasion des élections régionales, lesquelles comme chacun le sait on eut un caractère particulièrement national.

J’ai donc pu voir, de l’intérieur, si j’ose dire, l’envers du décor, la face non visible de la « machine électorale » pour celui qui vient déposer son bulletin dans l’urne, consacrant ainsi l’exercice du choix républicain.

J’ai ainsi passé, exactement, 14 heures au contact d’autres acteurs dévoués au processus électoral : Président du bureau, assesseurs, scrutateurs et électeurs.

C’est à la fois beaucoup et trop peu pour porter un jugement sans nuance sur chacun.

Ce dont je peux témoigner, cependant, c’est précisément du zèle assidu porté par les uns et par les autres au respect des diverses consignes de vigilance données pour « barrer la route…à qui vous savez ! ».

Je m’explique. Arrivé sur place avant tous les autres, je pus m’approprier mentalement un lieu où je mettais les pieds pour la première fois, une école maternelle semblable en tous points à celle que j’avais fréquentée, il y a…si longtemps !

Qu’il me soit permis une digression avant d’entrer dans le vif du sujet. Au mur de la classe, j’observais les fiches nominatives des enfants qui fréquentent ordinairement cette école. Je lus avec surprise qu’un petit Léonard au cheveux tout lisse et une petite Valentine, blondinette aux yeux bleus, représentaient la minorité parmi les Salima, Chahinez, Menad, Hamed et autre Houria.

La maitresse, sans doute excellente, avait, elle-même, un nom pas spécialement représentatif de la Provence puisqu’elle se nommait Belarbia.

Je me dis que lorsque la population originale d’un lieu devient la minorité c’est sans doute parce qu’elle est en voie d’évincement avant remplacement. Me vint alors à l’esprit la réalité des formules lancées par NKM, Valls, et autre Juppé prônant « le vivre ensemble » qu’il faut sans doute traduire par « vivre avec les autres ».

C’est alors que les membres du bureau arrivèrent l’un derrière l’autre, jovial solidaire et apparemment initié. Je ne me sentis pas, d’emblée, envahi de la chaleur qu’un nouveau membre d’une espèce de commission républicaine aurait pu légitimement attendre. Je dois à la vérité de dire que mon sentiment d’intrus ne résista ni à ma volonté d’intégration ni à la bonhommie de mes nouveaux partenaires.

Très vite, en effet, les échanges devinrent cordiaux voire enclins à la confidence.

C’est ainsi que le Président de cette noble assemblée m’avoua qu’il avait lui-même été très proche du Front National. Il se trouvait désormais très proche du Maire « Les Républicains »,  qui l’avait ainsi désigné dans sa tâche, par, me dit-il textuellement, « la reconnaissance du ventre ». Chômeur de longue durée, il avait réintégré le monde du travail par l’octroi d’un emploi municipal.

Comme quoi, la conviction politique, chez certains, tient moins de l’idéal que du besoin primaire de subsistance. C’est navrant mais c’est ainsi.

Un peu plus tard, une charmante dame d’un certain âge, assesseur comme moi et membre du parti des républicains, comme il se doit, me fit part de son indignation de voire certaines personnes ayant obtenues par l’entremise de ce bon Monsieur Tessier, une place en crèche (si difficile à obtenir pour le commun), ou un appartement en HLM (encore plus difficile) ne plus s’être manifesté et avoir même mis quelques distance avec la parti.

Comme quoi certains auraient de l’ingratitude envers la corruption fut-elle sincère et bien intentionnée.

Mais là ne s’arrêtèrent pas mes surprises.

Tout au long de la journée, je pus constater que la mobilisation aveugle et trompeuse de certains organismes corporatistes ou confessionnels avait trouvé un écho plus que favorable dans la population ciblée par leur discours.

Celui du CRIF, par exemple, avait réussi, au-delà de toute raison, à déplacer une multitude de gens ne votant jamais, ne s’étant pas même déplacés le 6 décembre dernier et très étrangers à l’exercice républicain du vote, dans le seul but, non pas de manifester un choix positif, mais de s’opposer à la volonté sortie des urnes à l’issue du premier tour.

Je vis aussi des gens différents (ceux que l’ont dit issus « la différence ») délaisser en grand nombre leurs lieux de prédilections et pour certains le « vélodrome » afin, eux aussi, de contribuer au « barrage ». Les échanges que je perçus entre eux ne laissaient malheureusement aucun doute sur les sentiments qu’ils portaient à ces « connards » de Français les koufars. (Je comprends un peu leur langue ce dont ils ne pouvaient se douter).

Enfin, il ne faudrait pas oublier dans cette grande coalition d’intérêts distincts mais convergeant, la présence, toujours invisible mais toujours présente et active de la maçonnerie qui lie de façon sournoise, Messieurs Bertrand et Valls pour ne citer que les personnages les plus emblématiques de cette supercherie que l’on appel le « Front Républicain ».

Au final, les résultats de cette consultation laisseront apparaître qu’un parti aux abois le PS, rejeté comme jamais aucun autre ne le fut, conservera 5 régions, pendant que l’autre fossoyeur de la France dit « Les Républicains » en gagnera 7. Pendant ce temps, 7 millions de Français seront sous représentés dans ces assemblées par une collusion perfides aux relents fétides qui aura « fait barrage ».  

Loin de me décourager, ces constats ont au contraire renforcé ma conviction que la lutte doit continuer plus obstinément que jamais. J’espère que tous mes amis de combat seront animés du même espoir et de la même envie de poursuivre qui me sont chevillés au cœur et au corps.

Un jour proche viendra où le courage politique et la justesse de vue de Marion, de Marine, de Florian, de Stéphane de Gilbert et de bien d’autres encore aura raison de la veulerie des vieux caciques du paysage politique français et ainsi que de leur duplicité coupable.

 

Jean-Jacques FIFRE