28. janv., 2016

QUAND L’EQUILIBRE DU MONDE REPOSE SUR UN FIL !

QUAND L’EQUILIBRE DU MONDE REPOSE SUR UN FIL !
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Beaucoup de nos concitoyens observent avec une certaine circonspection les attitudes belliqueuses de certains pays, notamment dans leurs engagements au moyen orient, qu’ils jugent hasardeux et en tous cas indéchiffrables.
Après bien des rodomontades des uns ou des autres, des menaces réciproques, on observe que la situation y est stagnante et que les positions se figent.
Pour bien comprendre les raisons de cette apparente et soudaine apathie des uns et des autres, sans doute faut-il remonter quelques années en arrière.
Au début des années 70, après 30 années de prospérité et de croissance ininterrompue, survint une crise importante dont une des causes était la hausse rapide et considérable des prix du « pétrole ».
En quelques années, la France, devenue un gros consommateur de gaz comme d’autres pays développés, et ayant perdu ses approvisionnements Sahariens se trouva à la merci de ses fournisseurs.
En matière de gaz naturel, mis à part la provenance de la mer du nord (GB et Norvège), les fournitures proviennent du Qatar (depuis 30 ans) et de l’Iran (avec la fin de l’embargo) qui se partagent 25% des réserves mondiales. Le reste provient de l’Arabie Saoudite, de l’Algérie et de la Russie.
Le Qatar petit pays du Golf aux revenus gigantesques et le grand frère Saoudien projettent la construction d’un gazoduc passant par la Syrie, l’Irak et la Turquie pour parvenir jusqu’en Europe.
Mais ce projet se trouve contrecarré par une alliance étroite et très stratégique entre la Russie et la Syrie d’Assad.
Dès lors, Saoudiens et Qataris, par vengence, soutiennent la révolte d’une partie du peuple Syrien contre Bachar. Ils contribuent à la création d’Al Nostra émule de la nébuleuse Al Qaeda.
Israël voyant là une alliance « objective » contre son ennemi Syrien adopte une attitude conciliante, au moins passive.
Face au conflit, les occidentaux (France et USA) haussent le ton, pour des raisons supposées de positionnement humanitaire mais plus probablement de nécessités économiques. Ils en viennent même à décider une intervention à laquelle s’oppose la Russie avec une détermination qui refroidit leurs ardeurs guerrières.
En représailles, ils fomentent la révolution Ukrainienne et s’installe chez ce nouvel allié à courte portée de Moscou.
En retour, Poutine occupe la Crimée qu’il considère comme une terre Russe.
Sans autre réflexions les occidentaux, la France en tête décide d’un embargo économique à l’égard de l'ancien allié Russe qui l’affectera bien moins qu’elle ne touchera la France et son économie.
Durant ce temps, la guerre en Syrie continue et accouche d’une monstruosité du nom d’Etat islamique espèce de califat dont l’existence incombe à cette alliance absurde entre la France, les USA, la Turquie et les pays du golf opposée à une autre alliance objective faite de l’Iran, la Russie et la Syrie.
Pour ajouter au tableau, l’Iran, alliée de la Syrie par leur commune foi Chiite, se raidit contre l’Arabie Sunnite et aide une rébellion au Yémen, proche « banlieue » de Ryad.
Pour finir de compliquer le tableau, OBAMA se réconcilie avec l’Iran et permet à cette dernière de retrouver une place dans le concert des Nations, de remettre sa production d’énergie sur le marché, ce qui contribue à tirer les prix vers le bas et maintenir le système financier mondial à flot.
Le serpent se mord la queue.
Qui est avec qui ?
Cette situation durera aussi longtemps que la finance mondialisée surfera sur cet équilibre.
La Chine, qui connaît, à son tour, des difficultés liées à sa croissance, pourra t-elle restée longtemps en dehors de ce jeu étrange ?

Jean-Jacques FIFRE