28. janv., 2016

Ouf ! Taubira est partie ! Que faire de la place ainsi libérée ?

Ouf ! Voilà une bonne chose de faite, elle a quitté le gouvernement et c’est bien là l’essentiel.

Ouf ! Disent la majorité des Français impatients de ce départ, fut-il choisi plutôt qu’imposé !

Ouf ! Dit Manuel Valls dont elle était l’aiguillon perfide et irascible de son équipe hétéroclite.

Ouf ! Disent les nombreuses victimes d’actes délictuels qui n’ont plus, depuis le début de son mandat, le sentiment d’être pris en compte au juste prix de leur préjudice.

Ouf ! Disent en sourdines (du moins pour un grand nombre d’entre eux) les magistrats, les avocats et les acteurs du monde judiciaire qui ne savaient plus quels étaient la nature de leur statut et le sens de leur devoir.

Ouf ! Se disent policiers, gendarmes et peyt-être aussi les pompiers qui commençaient à en avoir assez d’être pris pour des crapules quand les crapules se sentaient protégées.

Zut, alors, disent en revanche, tous les malfaiteurs, tous les auteurs de délits, petits ou grands. Sans doute vont-ils perdre, là, une alliée précieuse de leur immunité et une partisane convaincue du laxisme pénal,

Zut se disent les adeptes des accommodements sociétaux, la « fête » se termine et probablement  faudra-il désormais patienter pour retrouver un disciple aussi déterminé des truculentes lubies dont l’ex garde des sceaux était vraiment la championne.

Mais, que pense Le Président, qui lui-même « ne fait pas l’unanimité » dans  l’adhésion de l’opinion ? Lui qui avait choisi puis gardé ce trublion parfois gênant…

Sans doute, pense t-il, comme chaque fois où la survenance d’un fait médiatisé interpelle le corps électoral, que ce départ va lui permettre d’engranger quelques points « d’audimat » !

Ce fut le cas après le 7 janvier et après le 13 novembre 2015.

Toutefois, la question la plus brulante qui se pose maintenant est que va-t-il se passer désormais  place Vendôme et que va être le nouveau ministre Urvoas ? Les réformes pénales vont-elles demeurer inchangées ? Les mutations sociétales seront-elles aussi maintenues ?

Si le préalable à une remise en ordre des affaires de la justice s’est produit que va-t-il être fait de cet espace rendu aux actes de bon sens ? Va-t-on connaître une véritable politique de répression pénale qui redonne confiance aux citoyens ?

Sans doute, rien d’ici 15 mois.

Ce départ n’est sans doute que le début de grandes manœuvres pour la « majorité », le premier mouvement d’un bouleversement dont nul ne peut prévoir l’ampleur.

Cependant, il serait intéressant d’entendre l’opposition sur les sujets qui touchent le droit et la justice. Il serait séduisant d’entendre des propositions audacieuses dont les citoyens ont besoin pour se déterminer bientôt.

Faire de la justice un axe majeur du débat, muselé depuis quatre ans…Ce me semble être l’instant ou jamais.

 

Jean-Jacques FIFRE