10. févr., 2016

L’OPINION EST MAJORITAIREMENT FAVORABLE A LA PEINE DE MORT.

Selon les sondages réalisés à ce sujet, la réintégration de la « peine de mort » dans le code pénal, recueille l’approbation d’une majorité de Français.

Les partisans de cette sanction et ses opposants s’affrontent depuis la nuit des temps et leurs arguments sont bien connus.

Si le code pénal est l’ensemble des règles qui définit les comportements contraires à la vie en société, il codifie, aussi, les sanctions qui punissent les conduites funestes. Il est l’instrument du droit en matière criminelle.

Or, le droit est le bras armé de la justice, concept philosophique qui définit le sens moral des valeurs sociales.

Le rôle de la justice est un triptyque composé du respect de la loi, de la sanction pénale individuelle et de la protection des citoyens.

Par exemple, la loi interdit le meurtre quelle qu’en soit la motivation.

Cet argument est utilisé par les abolitionnistes qui voient dans l’usage de la peine de mort une espèce de meurtre étatisé. Il est inhumain de tuer, ce dont nous convenons tous.

La peine de mort est inhumaine c’est bien la raison pour laquelle les assassins peuvent ne plus être considérés comme des êtres humains.

Ils  refusent ce châtiment le considérant disproportionné et parce qu’ils ne le croient pas dissuasif. Ils plaident, non sans exemple, le fait qu’il peut être injuste, faute de preuve souvent irréfutable et jamais suffisante ou de moyens matériels dont peuvent être privés les justiciables.

Or, pour un criminel conscient, déterminé et « sans état d’âme », tel le terroriste djihadiste,  le mafieux Abel Ferrara, le voyou meurtrier d’un policier ou d’un pompier dans la cité ou le petit braqueur de bijoutier,  quelle autre sanction que la peine de mort, peut-elle, conjointement satisfaire le respect de la loi, la réparation individuelle et la protection sociale ?

L’alternative,  de semblable équité, serait l’enfermement à vie, puisque celui qui a été tué, la victime du tueur, est définitivement privé de son existence. Or,  l’idée même de « la prison à vie » est manifestement irréaliste et porte en elle une forme d’animalisation au moins aussi « condamnable » que l’option première.

Les progrès réalisés par la police scientifique, notamment en matière d’identification, sont aujourd’hui une caution pour la prévention de l’erreur judiciaire. Les travaux ayant abouti à la détermination clinique du génome furent une étape décisive en ce sens.

En outre, qui pourrait nier le caractère préventif  exemplaire de la peine de mort dès lors qu’elle  est appliquée dès l’instant où elle est méritée ? Qui peut nier l’aspect dissuasif de toute sanction lorsque celle-ci est appliquée systématiquement, rigoureusement et sans faiblesse ?  Il est, au contraire, certain que l’absence de sanction, justement proportionnée, favorise toujours et partout la recrudescence des actes criminels.

Le dernier aspect polémique est celui de la capacité à se défendre pour tout prévenu. Or, dans notre pays les ténors pénalistes du barreau, de Dupond-Moretti à Kiejman en passant par Maisonneuve  sans oublier la très charmante Anne Laure Campoint (pardon pour ceux qui ne sont pas cités), sont toujours disposés au service gracieux de la défense. Les affaires où la peine de mort est en jeu sont d’une telle audience que leur rémunération est pourvue par la vitrine qui leur est offerte, quand une tribune leur est ouverte pour l’affirmation de leur conviction abolitionniste.

L’opinion, une fois rassurée sur l’équité accordée aux prévenus, si elle n’oublie pas les enjeux sociétaux,  ne peux que  se montrer majoritairement favorable à la peine de mort.

 

 

Jean-Jacques FIFRE