18. juin, 2012

Un triste résultat pourtant attendu

Dimanche 17 juin 2012, 20 heures, le résultat sans surprise est annoncé : le PS recueille la majorité absolue des sièges à l’assemblée nationale.

Pouvait-t-on sérieusement espérer une issue différente ? Non bien sûr. Tout au plus, peut-on regretter que les électeurs de la droite se soient majoritairement abstenus.

En réalité, tout était réellement joué depuis le 6 mai dernier. C’est le déroulement logique des choses tel qu’il procède des institutions…Une majorité pour un Président.

En revanche, il est autorisé de se poser plusieurs questions sur la nature et sur la portée du choix des Français.

François HOLLANDE est-il un choix déterminé des Français ? Est-ce un bon choix pour la France ? N’y-a-t-il pas dans la représentation nationale des disparités illégitimes ?

A la première question, incontestablement la réponse est non.

Il n'est, en effet, pas contestable que la majorité a choisi un candidat par défaut. Elle a sanctionné celui, qui avec courage, avait saisi la probable dernière chance du pays de se mettre au niveau des défis du futur, en reniant les erreurs récurrentes du passé, par la mise en chantier des grandes réformes qui lui étaient indispensables. Cette majorité a jugé le bilan sur la forme et non sur le fond, c'est regrettable.

Malheureusement, en dehors du fait que les Français se sont portés par faiblesse vers la facilité, on connait la suite, c'est-à-dire la crise dont seuls les benêts refusent de prendre en compte l’ampleur inédite. Le Président élu, personnage falot, indécis et dénué d’une vision politique forte des nécessités du pays, va très vite s'en apercevoir. Il a bénéficié depuis le début de son engagement d’une chance vraiment insolente. Celle-ci s’est manifestée dans l’élimination tellement imprévue de ses adversaires au cours la "primaire". Ensuite, il y eut ce combat homérique de NS entamé peut-être un peu tard avec cependant une dernière ligne droite qui si elle avait comporté 10 jours de plus,  aurait sans doute autorisé un résultat différent.

A la deuxième question, on est tenté de répondre également par la négative.

Si l’on considère les promesses dispendieuses et irréalistes du candidat, on doit bien se dire que, quel que soit le sort qui leur sera réservé, il n’en sortira rien de bon. En effet, si l’élu respecte ses engagements ceux-ci se feront au prix d’un accroissement fatal des déséquilibres incommensurables que connait la France. S’il ne le fait pas, c’est la rue qui risque de tirer le pays dans le caniveau et le Président apparaitra, alors, comme un opportuniste de circonstance qui aura soufflé au Français des illusions coupables.

Par ailleurs, si ce Président persiste dans ses choix en matière de relations internationales, il va mettre la voix de notre nation dans la situation de celle d’un "Pinocchio"  dont plus personne ne considèrera ni le sérieux des engagement ni la fiabilité globale de son état. Je pense aux relations Européennes et notamment avec l’Allemagne à laquelle nous récitons, depuis 6 semaines, sans se départir, la fable de "la cigale et  la fourmi". Je pense à nos engagements internationaux de coopération militaire en Afghanistan et ailleurs.

A la troisième question on ne peut clairement répondre que par l’affirmative la plus évidente. Comment comprendre en effet et malgré la logique du système majoritaire à 2 tours, que le FRONT NATIONAL qui a recueilli 6 000 000 de voix au 2ème tour de la Présidentielle (19 % des votes exprimés) ne se voit attribuer qu’une représentation symbolique en terme de sièges au palais bourbon alors, par exemple que les écologistes, dont le résultat fut insignifiant,  par le jeux des magouilles électorales et des petits arrangements d’états majors en recueillent un nombre bien plus important. Il me parait là qu’il y a un déni flagrant de démocratie.

Que dire au soir de ce scrutin ?

Le PS aura durant 5 ans bien plus de pouvoir que n’en a eu la droite durant les 5 précédents. Que fera-t-elle de cet avantage ? Seront nous plus heureux au terme de cette période ? La France sera-t-elle plus forte ? Quoi qu'il en soit, ils n’auront aucune excuse à faire valoir, si comme je le prédis et comme j’en prends le pari ce soir, la situation des Français et de la France est abaissée.

Pour ma part, dans cette triste soirée, je retire, modestement,  2 motifs de satisfaction et une raison d’être rassuré sur un point :

1)       Ségolène ROYALE est battue et elle n’ira pas au perchoir.  C’est un immense soulagement.

2)      François BAYROU, ce n’est que justice, est battu…Qu’il en parle avec Ségolène, elle le briefera sur la notion de traitrise

3)      La gauche n’aura en aucun cas les 3/5 des voix au parlement pour faire passer sa réforme constitutionnelle inique visant à accorder le droit de vote aux étrangers.

Acceptons la règle du jeu, soyons patients, l'avenir dira les choses et l'histoire jugera les protagonistes. Espérons aussi que notre pays saura ne pas trop souffrir de ce régime éprouvant de 5 ans socialisme rétrograde et aveugle.