11. mars, 2016

LE CHOMAGE MALADIE ENDEMIQUE MAL SOIGNEE !

Le projet relatif à la « loi travail » est le grand débat lancé sans crier gare. Ce n’est pas un faux problème mais une affaire bien  mal engagée, qui n’a pas  révélé son épilogue, loin s’en faut.

La France souffre de l’emploi, comme d’autres pays en Europe.  Elle est cependant le dernier à s’interroger sur les remèdes avant d’avoir déterminé les causes  du mal. Or, le bon médecin est celui qui définit le bon diagnostique et sait expliquer à son patient comment et pourquoi il va le soigner

A cet égard, on peut dire que François Hollande est un praticien dont la méthode semble, par déterminisme, vouée à l’échec.

Tous les Français savent que le niveau du chômage est le problème numéro un. Pas tous n’en appréhendent, pourtant, les origines.

On a peu de chance de se tromper en disant que si les entreprises françaises n’embauchent (et depuis longtemps) plus c’est pour, prioritairement, 4 raisons.

La première est le niveau de son activité, trop faible car privée de l’énergie et du volume requis.

La seconde est liée aux conditions fiscales et sociales instables de leur exploitation qui engendrent l’incertitude tellement handicapante pour tous les décideurs.

La troisième, qui découle des deux précédentes, est le niveau (insuffisant) de l’investissement condition de l’innovation et fruit de la confiance.

La quatrième est la formation défaillante et chère (32 milliards) qui ne parvient pas à combler les défaillances du niveau des qualifications.

Le Président, caché derrière la jeune ministre El Khomri, sorte de porte drapeau sacrificiel poussée en avant, puis derrière le roué Valls, sherpas déterminés et non sans arrières pensées, se trompe donc sur le fond en ne respectant pas la nature et l’ordre des exigences économiques.

Les mesures édictées résonnent comme le démenti brutal de ses engagements solennels énoncés à la tribune du Bourget le 12 janvier 2012. Le discours qu’il y prononça était l’acte  fondateur du pacte qu’il passa avec ses futurs électeurs et en particulier la jeunesse. Ceux-là, « dupés », réagissent avec l’arme de leur âge : la spontanéité pas toujours lucide et si manipulable.

Les patrons, de leur côté, qui ont vu leurs revendications catégorielles en partie satisfaites ne sont pas radieux…Ils savent  que cette loi ne suffirait pas à produire des lendemains qui chantent. Ils ont  mesuré le fossé séparant les mesures de ce type, de la réelle reprise, avec l’échec du pacte de « confiance, compétitivité, stabilité, croissance (on ne sait plus au juste) ».

Le Président, à la communication plus confuse que jamais, s’est donc trompé sur la forme.

Enfin, s’il avait appris un peu de l’histoire de la politique, il saurait que tout peut se gagner durant l’état de grâce, c'est-à-dire au début, lorsque l’on est porté par la vague du succès. A la fin, lorsque les revers vous ont renvoyé à la mesure de vos inaptitudes, vous ne pouvez plus espérer convaincre.

Le Président s’est trompé de timing.

Il s’est trompé en permanence et sur tout.

Mais à la différence d’un chef d’entreprise responsable qui aurait depuis longtemps quitté la scène, lui sera là encore un an et c’est tout ce qui lui importe.

La réduction du chômage attendra donc un autre docteur et d’autres médecines dont on souhaite que l’action ne se fasse plus à l’envers de tout bon sens.

 

Jean-Jacques FIFRE