11. avr., 2016

DANS UN AN LA MESSE REPUBLICAINE QUINQUENNALE.

 

Dans un peu plus d’un an, nous serons tous invités à la grande messe démocratique, qui offrira  au bon peuple de France l’occasion quinquennale  de se croire un peu acteur de son destin.

Ce sera une bonne opportunité de mesurer la force du crédo de ceux qui entendent maintenir leur engeance dans les bienfaits de leur chapelle identitaire, à la crédulité de ceux qui, par un faux humanisme, entendent abandonner la foi de leur tradition millénaire ou la dissoudre dans un croyance polymorphe mortifère sans frontières, sans histoire, sans famille et même sans sexe.  

Il nous faudra choisir, parmi un panel de postulants, celui dont les proclamations seront, non les plus pieusement alléchantes mais les moins révérencieusement démagogiques. A cet égard, la cérémonie de 2012 et les contritions dont nous en avons héritées, devraient nous faire réfléchir profondément et nous projeter au-delà de l’immuable dogme  que la sainte bien pensance nous a imposé depuis 40 ans.

Quoiqu’il en soit, la lucidité qui devrait prévaloir dans le choix final du futur ordonnateur de nos vicissitudes citoyennes, ne parait pas effrayer les potentiels légats qui comme une armée de migrants déterminés semblent prêts à investir l’autel des solennités républicaines.

C’est du côté de ce qu’il est convenu d’appeler la droite que les vocations sont les plus nombreuses. Elles font fi de l’âge, de la pureté des convictions et des pénitences engrangées sous le harnais des fautes anciennes. Du frère Alain  au frère Nicolas en passant par le frère François sans oublier les sœurs Nathalie ou Nadine, chacun veut les clefs de la nef.

Le temple ne sera sans doute pas assez grand pour permettre toutes les absolutions.

A gauche, le problème est bien différent. Tout dépendra de la décision que prendra le grand « aumônier » de la République qui se crut grand nautonier alors qu’il n’était que le petit gondolier.

S’il décide de se retirer en son cloitre Corrézien, il se peut que quelques jeunes novices, bravant, à leurs risques et périls, le vent du schisme probable, se risquent à braver le verdict des ouailles en colère.

Dans le cas contraire, nous ne saurions trop engager cet immodéré prêcheur dont  la croisée des chemins remplace le chemin de Damas, à taire son sermon qui n’est plus entendu parce qu’il n’a pas su montrer la lumière.

Quelle que soit la décision des croyants de droite et celle des croyants de gauches, les fidèles de la République auront à choisir, à l’instant des vêpres décisives du deuxième tour, entre  l’homélie incantatoire de l’Union communautaire Européenne, mâtinée de multiculturalisme, d’accueil migratoire et de soumission, et la prédication qui prône le retour à une orthodoxie plus conforme aux valeurs traditionnelles de notre chapelle.

 

Jean-Jacques FIFRE