12. juil., 2012

REPONSE A LA CRITIQUE DE L'ENLIVREE

Mademoiselle,

 

Vous m’accorderez un droit de réponse au propos que vous avez osé commettre à mon égard et à celui de mon livre. En effet, il ne m’est pas possible de laisser passer un tel raccourci intellectuel sans y répondre et m’expliquer.

 

Pour être critique, il faut, me semble t-il posséder 3 qualités indispensables :

1)      La 1ère est celle qui tient au bon sens et au recul nécessaire dans cet exercice. Elle permet de ne jamais concéder une interprétation trop rapide à un texte qui ne procède pas de votre propre conception. Agir dans la précipitation (ou la colère) est le meilleur moyen de fournir une analyse erronée. Je ne pense pas que vos lecteurs vous en soient gré.

2)     La 2ème se rattache au sens de la mesure. Celle-ci, on ne l’acquière qu’avec l’âge venu. De ce strict point de vue, rien ne semble, donc, totalement perdu.

3)     La 3ème est la bonne foi. Je ne vous ferai pas de procès sur ce point, ci, préférant lui accorder le bénéfice doute et de la jeunesse.

 

Mes écrits n’ont nullement la portée injurieuse que vous leur accordée, sans ménagement. Votre engagement religieux, respectable pour ce qu’il est, ne vous autorise pas à travestir ma pensée.

Je suis agnostique, après avoir été catholique pratiquant, mais je respecte « la croyance » quelle que soit son observance à condition qu’elle demeure, elle-même, soucieuse d’égards envers les autres. C’est, là, l’unique raison de l’usage de « mes conditionnels » et non d’une  je ne sais quelle volonté d’avilir une religion ou une autre.

Je vais me montrer pédagogue, puisque cela apparait utile. Je vais m’y employé, je m’y sens autorisé car ma bonne foi et ma moralité sont mis en cause au travers de mes écrits par vous même.

Un dogme qui entame son propos par la phrase suivante, « il n’y a de Dieu que Dieu » me parait suspect au titre d’un manque de tolérance parce qu’il semble vouloir dire  « il n’y a de Dieu que celui dont je vous parle ». Cela aurait pu  par exemple commencer par « il n’y a qu’un seul Dieu ».

J’ai le droit de dire cela et personne ne brimera ma liberté de parole sur ce sujet comme sur d’autres. En démocratie, il faut savoir accepter les avis des autres, surtout lorsqu’ils sont contraires aux vôtres. La Démocratie ne ferait-elle pas bonne équipe avec certaine croyance ?

Le monde d’aujourd’hui nous démontre, que pour certains, la notion de martyre est proche de celle de héros, alors que pour d’autres elle est bien plus proche de la notion de victime. Pour les premiers la récompense est au bout du sacrifice de vie que l’on consent. Pour les autres, nulle volonté de don vital. Je ne vous ferai pas l’injure d’être plus précis. Voilà où réside selon moi la différence de regard que portent les uns et les autres sur le sens de la vie.

Fais-je preuve, là, de méconnaissance ? Possible ! Mais pas démontré. En revanche, nulle volonté de discrimination, je conteste cette accusation qui n’a aucun sens, avec la plus vive détermination.

Par ailleurs, est-ce mentir que de dire que les Coptes (Chrétiens Orientaux) sont maltraités dans certains pays du moyen Orient ? Lisez les journaux cela vous édifiera. Que pensez-vous de la condition des petites communautés juives de quelques pays dont il ne sera pas nécessaire de citer les noms ? Mensonges là encore ? Renseignez vous.

Quelle société voudrait soumettre la moitié de l’humanité à la tutelle, permanente et sans alternative, de l’autre moitié, paternelle, fraternelle ou autre, mais toujours masculine ? Divagation ?

Quelle est le texte qui décrit les terres qui sont respectables car soumises et celles qui demeurent à conquérir ? S’agit-il de Fantasme là encore ou bien de réalités que des discours « djihadistes », à foison, nous donnent à considérer partout et chaque jours

De très nombreux pays ont banni la peine de mort de leur arsenal judiciaire. D’autres édictent la charia, ils coupent des mains ou des pieds en punitions. Quid de la liberté en IRAN, au MALI… et au nom de qui et de quoi ? Je pourrais en citer beaucoup d’autres.

Moi le presque incroyant, je ne me pose en défenseur d’aucune religion, mais je mets au défi, quiconque de me montrer de tels procédés dans les évangiles !

Est-ce à dire cela que j’attise une haine quelconque ? Balivernes. J’observe et, je vois, point d’autre démarche.

Par quel attribution divine, êtes vous autorisée, vous qui ne me connaissez point, à porter des jugements sur mes engagements politiques putatifs ? Nous aurions beaucoup à craindre d’une autorité telle que celle qui transparait ici, si par malheur un jour elle devait nous diriger.

J’entends d’ici mes amis s’esclaffer en lisant que quelqu’un me traite à mots non couverts de « facho ». Certains me recommanderaient peut-être de porter plainte.

Les citoyens de quelques pays que ce soit n’ont-ils pas vocations et légitimité à préserver la validité et l’honneur de leur citoyenneté face aux défis qui lui sont opposés ?

Voyez-vous, Mademoiselle, de nous deux, le moins tolérant n’est sans doute pas celui que vous désignez. Votre diatribe me semble dictée par une vindicte non seulement erronée dans son énoncé mais injuste sur le fond.

Je n’ai honte ni d’avoir cité A. Gide dont la phrase me semble justement et parfaitement en adéquation avec mes idées, ni d’avoir écrit « la cité des asphodèles » qui se passera bien de votre  analyse comme elle saura encore mieux s’accommoder votre puéril boycotte.

Je vous dis cela sans haine ni violence, mais seulement avec beaucoup d’étonnement et sans désillusion. Mon âge et les embûches de la vie m’ont appris qu’il ne fallait surtout jamais se renier sans raisons profondes et que les jugements intempestifs, agressifs et infondés qui parfois vous assaillent, se retournent un jour vers ceux qui les ont proférés.

Je vous souhaite d’acquérir de la perspicacité et de la tempérance car de talent vous avez un peu.

Salutations.

 

JJ FIFRE