25. juil., 2012

ARBITRAIRE ET ILLEGITIMITE

Un gros coup de colère.

Qu’y-a-t-il de plus insensé qu’un poulet ventripotent, exhibant son énorme jabot, qui picore l’oseille des innombrables pigeons que sont les automobilistes des grandes villes (notamment) ?

Depuis 2 heures je me pose la question et ne trouve pas de réponse.

Cette après-midi même, revenant d’une visite à une nièce nouvellement mère, j’ai été victime (je le dit tel que je l’ai ressenti) d’un acte de piraterie effarant et révoltant.

Après 35 minutes de circulation à vitesse ralentie, pour cause de travaux et de détournement de voie sur les « maréchaux », juste après la porte de la Chapelleet en direction de l’est Parisien, se présentait un tronçon totalement désert. En sueur et passablement impatient, je me laissai, comme bon nombre d’autres conducteurs, trop heureux de pouvoir enfin avancer résolument et sans obstacle, un peu happer par cette  espace libéré bien venue. Je précise que ce faisant je n’ai eu nullement le sentiment de prendre des risques inconsidérés et je n’ai mis personne en danger. Mon seul tord est d’avoir enfreint une réglementation administrative et cela je l’assume.

Hélas, cet abandon salvateur et délicieux ne fut rien moins qu’une funeste erreur. En effet, après quelques centaines de mètres se trouvait un poulailler mobile à partir duquel les infâmes bestioles dont il fut question plus haut attendaient de pieds ferme les pauvres colombins naïfs dont je faisais parti.

Pris à partie par l’un des coqs orgueilleux qui n’avait d’objectif que l’escarcelle de ma tendre et modeste oseille, je dus décliner mon identité. J’essayai bien de me justifier sinon de m’innocenter d’une faute dont le caractère administratif me paraissait indéniable…Rien n’y fit. L’autoritaire animal dont l’haleine fétide trahissait une récente et abondante libation qui aurait dû le conduire à une sieste réparatrice, se montra intransigeant. Drapé dans sa légalité à défaut d’agir dans une légitimité avérée, il se mit à réciter comme un autiste sourd et aveugle, la litanie bien apprise, sinon bien comprise, de son bréviaire omnipotent.

Observant la transe hétylo-administrative dans laquelle il était engagé, je me permis de lui dire trois choses qu’il n’entendit pas.

1)       Cette situation me paraissait être un traquenard organisé de toutes pièces pour plumer les citoyens honnêtes  et déjà passablement ponctionnés par un état dispendieux dont les besoins sont sans cesse plus importants. L’occasion me parut en effet trop belle pour que ne fussent sanctionnés quelques étourdis coupables d’excès administratifs de vitesse. La position des verbalisateurs ici et à cette heure ne peut pas être considérée autrement qu’opportune (finacièrement parlant ! Bien entendu...).

2)      Comment étaient choisis ceux qui seraient épinglés et ceux qui éviteraient d’être pincés ? L’absence de réponse me poussa à penser que les coups de sifflets aléatoires ne pouvaient conduire qu’à des condamnations discriminatoires. En effet, durant que les deux corpulents agents de l'ordre s'occupaient, l'un de moi et l'autre d'un autre contrevenant administratifs, de nombreux autres fautifs passèrent goguenards sans être le moins du monde saisis. 

3)      L’action de ces poulets en forme de molosses ne serait elle pas mieux utilisée en étant dirigée vers la véritable criminalité, celle qui touche une autre circulation que celle des véhicules automobiles et qui génère des profits, illicites bien que considérables. Dois-je dire son nom ? Ils n’auraient pas à se déplacer très loin ces parangons dévoyés de justice... juste à la périphérie de Paris. D’ailleurs, il est inutile de leur faire un plan car ils connaissent tous mieux que nous tous les lieux où leur action serait plus justifiée que sur les « maréchaux ». Toutefois, cela serait tellement plus risqué et tellement moins rentable (financièrement parlant ! bien entendu...) Pour mémoire, je rappelle ici que notre pays connaît, bon an mal an, 8500 atteintes aux biens par jours et 1500 agressions par jours.