3. oct., 2016

A QUOI SERT LA PRIMAIRE A LA FRANCAISE ?

Les Etats-Unis d’Amérique et la France se doivent réciproquement beaucoup pour avoir œuvré à l’affirmation  leur souveraineté.

D’un côté, le Marquis de Lafayette, le commandant Pierre l’Enfant et le général Duportail par une action de terrain, Beaumarchais, homme de lettre et marchand d’armes à ses heures, se sont portés à la tête de volontaires dans la lutte qui aboutit à l’indépendance le 17 septembre 1783.

D’un autre côté, l’issue des deux conflits majeurs du 20ème siècle est en partie du à l’action des soldats de l’oncle Sam.

Bien différents dans leur conception de l’organisation de la vie civile, les deux Nations ont construit des modèles politiques distincts. Guidés par une certaine idée du libéralisme porté par un individualisme assumé, les Américains ont choisi un régime présidentiel où s’affrontent deux partis traditionnels et inamovibles. Les Français avaient opté pour un régime parlementaire multiparti qui leur couta quelques déboires.

Le général De Gaulle, soucieux, d’une efficacité dont la gouvernance du pays était privée, modifia une première fois la constitution du pays. Le Président de la République devint la principale autorité politique. A l’orée du 21ème siècle le quinquennat ainsi que la priorité chronologique accordée à l’élection présidentielle, ont donné à la France un régime où la tête de l’exécutif et devenu la clef de voute de tout le système.

En 2011, sous l’égide de la gauche, alors dans l’opposition, apparurent, sans doute pour singer les cousins d’outre atlantique, les primaires.

Voilà presqu’un copié-collé ! Sauf que cette nouvelle étape se heurte à deux écueils qui conduisent à une absurdité et à un non sens.

Le premier piège est que ce système renvoie directement au régime des partis alors que le principe de la Vème République veut que l’élection suprême soit la rencontre du peuple avec un homme.

Mais le deuxième récif est plus qu’une erreur c’est une faute qui conduit à une forme d’incongruité absolue. En effet, les primaires à la française ne sont plus le choix d’un candidat par un parti, puisqu’elles sont totalement ouvertes. On voit bien les difficultés. Qui peut affirmer que les électeurs des partis adverses ne vont pas voter pour le plus mauvais des candidats, en tout cas celui  ressemblant le moins à son propre parti ?

Ne ferait-on pas ainsi de la véritable élection, une élection bis simplement destinée à enregistrer les résultats de la primaire porteuse de l’alternance illusoire qui depuis 40 ans se jouent dans notre pays ?

Jean-Jacques FIFRE