1. févr., 2017

29.01.2017. Mort du PS et nouvelle donne politique.

La date du 29 janvier 2017 deviendra, cela est probable, la date officielle de la mort d’un partie politique vieux de 45 ans.

Ce parti, né en juin 1971 au congrès d’Epinay, porté sur les fonds baptismaux (Euh ! pardon sur l’autel Républicain et laïc) par François Mitterrand, mort avec l’élection de Benoit Hamon, était le Parti Socialiste.  La cause de son décès est sa dégénérescence naturelle. Le dégonflement d’une espèce de baudruche, un conglomérat hétéroclite de tendances idéologiquement opposées. François Hollande, improbable Président par défaut, en a été l’ultime acteur de son euthanasie.

Au-delà de cette disparition, c’est l’ensemble de la gauche qui se décompose. C’est aussi la droite qui se désagrège.  

C’est tout le paysage politique qui change ses axes de cohérence et s’articule autour d’objectifs nouveaux.  Pourtant, cette révolution se fait sous le regard incrédule de tout le système qui s’arcboute sur ses dogmes vieillis et dépassés.

On voit bien que la ligne de démarcation qui jadis permettait aux progressistes de désigner le camp du conservatisme et inversement, n’existe plus. Les vieux clivages, celui du libéralisme opposé au dirigisme,  celui de l’ordre ennemi de la liberté, celui de la  justice égalitaire contraire à la légitimité, ne font plus la différence entre les camps. Qui peut distinguer le  libéralisme social de Messieurs Chirac ou Sarkozy du social libéralisme de Monsieur Valls ?

La droite s’est gauchisée, pendant que la gauche s’est droitisée.

Un crédo commun est né et s’est affirmé au cours de 40 dernières années dans lequel les fondamentaux sont demeurés : l’économie, les règles de la vie sociale. Les cadors de la gauche ont singé ceux de la droite pendant que ces derniers se sont empressés d’adopter les utopies oiseuses des premiers. Ils ont assuré une gestion du pays dans une fausse alternance cordialement consentie et parfois forcée contre l’avis même du peuple.

La raison de cette connivence réside dans le déplacement du niveau des véritables décisions. La gouvernance n’est plus nationale. Elle est Européenne et tend à devenir mondiale. Le pouvoir n’appartient plus au peuple et à ses élus car ceux-ci ont renoncé, ils ont cédé leur prérogative à des forces productivistes qui tendent à unifier les processus global de société. Leur objectif est le gommage des particularités au profit d’un ensemble humain uniforme, monochrome et docilement attaché à satisfaire les ambitions d’un système financier excluant toute dimension politique. Le pouvoir politique est mort et remplacé par le pouvoir des firmes multinationales liées les unes aux autres par des participations croisées. Ce pouvoir fonctionne au détriment du peuple et pour le seul profit de quelques-uns.

C’est pourquoi demain le clivage politique se fera entre les responsables de ce transferts et ceux qui pensent que la souveraineté est la seule voie de salut, celle qui permettra d’éviter la noyade, la dilution, la disparition et autorisera le retour à la maitrise de notre destin d’hommes libres.

Jean-Jacques FIFRE