19. févr., 2017

LETTRE OUVERTE D’UN CITOYEN EN COLERE A MACRON.

Monsieur MACRON, que vous soyez allez faire campagne en Algérie, alors même que la campagne de la Présidentielle n’a officiellement pas commencé en France est déjà en soi un incommensurable signe de mépris à l’égard des électeurs Français.

Je ne parle pas de toutes ces équipes de jeunes enrôlés pour faire la claque et qui s’animent à la commande lors de vos réunions autour de vous dans la lumière des projecteurs qui ignorent l’attentisme des autres les plus nombreux. Ces « militants » là sont séduits par la jeunesse du candidat que vous voulez être. Ils espèrent benoitement que votre apparente réussite personnelle sera le garant de la leur. La plupart d’entre eux regretteront sous peu leur adhésion dès lors que vous aurez établi un programme que chacun pourra juger.

Je parle de ceux qui, ne sachant parfois plus à quel saint se vouer dans le marasme de la politique de notre pays, viennent par curiosité écouter celui qui  se prétend hors système. Ceux-là aussi seront déçus quand ils comprendront que vous n’êtes finalement que le candidat en OR pour le système, membre éminent de l’énarchie institutionnelle, banquier d’affaire enrichi plus que de raison, conseiller au sein des saints de la République, l’Elysée, ministre à Bercy sans grand éclat ni réussite notable.

Je parle aussi de tous les autres, c'est-à-dire tous les Français témoins de vos foucades, de vos supposés engagements socialistes suivis de renoncements aussi spectaculaires, de vos emportements calculés à la tribune de vos rassemblements et des approximations grossières que votre arrogante et puérile morgue véhicule sans aucune modération. Ceux-là sont déjà inquiets de votre possible avènement.

Mais monsieur Macron, il y a pire que ce mépris attesté par votre déplacement là-bas. Il y a le dédain dont vous avez fait preuves à l’égard de la France et de son histoire par la déclaration abjecte que vous avez prononcée, non devant vos concitoyens mais devant ceux d’un pays tiers. Cette affirmation sur la présence et l’action de la France en Algérie que vous avez osée est d’abord un outrage mais c’est aussi la preuve de l’ignorance la plus confondante qui vous habite.

Par ailleurs, mais nous ne pouvons qu’être passablement étonnés de cette incurie dont vous faites preuves, tant nous avons été habitués aux approximations du même genre par Mesdames Belkacem ou El Khomri, vous commettait des fautes sémantiques impardonnables qui vous conduisent notamment à faire usage de l’expression de « crime contre l’humanité » que vous attribuez à la France avec un forfanterie sidérante. Je vous rappelle que le crime contre l’humanité se définit comme  un crime touchant aux droits fondamentaux d’un être humain et puni au niveau international. Il peut être d’origine politique, philosophique, racial oumême religieux. Ces crimes sont jugés par la cour pénale internationale. C’est par exemple la Shoa, si cela vous dit quelque chose, c’est aussi le génocide des Arméniens commis par la puissance Ottomane

Jusqu’à preuve du contraire personne, pas même les supposées victimes n’ont pu trouver le moindre début de preuve rendant crédible vos assertions absurdes.

Je n’insisterai pas sur l’outrage national dont vous êtes l’auteur, en l’occurrence, car la classe politique dans son ensemble, et à de très rares exceptions prêtes, a déjà, condamné vos propos.

En revanche, monsieur Macron, je tiens à apporter la démonstration de votre impéritie sur le sujet.

D’abord, vous parlez de l’Algérie comme si cette entité existait depuis toujours ou du moins depuis assez longtemps pour que les appréciations que l’on porte à son égard soient incontestables. On peut le faire pour la France qui vit, disons pour éviter toute possibilité de polémique, depuis plus d’un millénaire.

L’Algérie, monsieur Macron, existe depuis 1830 c'est-à-dire depuis moins de 200 ans, c’est à dire depuis le jour où la France a mis le pied sur cette terre et lui a donné son nom. Cette terre étaient hostile par bien des aspects, les marécages y étaient partout et les vergers nulle part, l’espérance de vie était d’une insigne précarité et la violence régnait en maitresse des lieux.

Loin d’y faire régner la terreur, la France a scolarisé, elle a soignée, elle a développé l’agriculture et le commerce, elle a créé des structures et des infrastructures à l’image de celles qui existaient en métropole.

Cependant la France n’est pas venue ici par simple souci d’expansion, pas même par générosité, je vous le concède. Elle est intervenue pour faire cesser les incursions récurrentes des barbares esclavagistes qui depuis 7 siècles menaient des raides dévastateurs sur les côtes provençales emportant systématiquement toutes richesses matérielles ainsi que les gens hommes femmes et enfants qu’ils transformaient en serfs dociles leur servant de bêtes de sommes ou de bêtes à plaisir. Voilà commence l’histoire monsieur Macron.

Lorsque poussée par le vent de l’indépendance revendiquée, consentie, arrachée, la France a décidé de partir, elle a laissé un pays avec des atouts immenses pour un développement et une prospérité que les gens là-bas attendent toujours ?

Je vous citerais une phrase de Monsieur Hocine Aït Ahmed, un adversaire coriace de la France dans le FLN, qui disait ceci dans le s années 80 : « du temps de la France l’Algérie c’était le paradis ». Nous sommes là assez loin du tableau que vous dressez monsieur Macron.

Je vous accuse de mensonge et de diffamation à l’égard de la Nation et j’espère de toute mon âme que vous serez balayé des le 1er tour de l’élection Présidentielle.

Je ne vous souhaite pas bonne chance.

 

Jean-Jacques  FIFRE