2. mars, 2017

PRESIDENTIELLE EN 3 ACTES ET UN EPILOGUE

Mine rien la période que nous vivons est assez effarante du point de vue de ceux pour qui la politique est encore une noble affaire. Mais est-il sage de croire qu’ils soient encore nombreux aujourd’hui, ceux de cette espèce, alors qu’Albert Camus constatait déjà il y a 60 ans que «  la société politique contemporaine est une machine à désespérer les hommes » ?

Remontons quelques mois en arrière. En 2012, un dénommé Macron est nommé au poste stratégique de conseiller à l’Elysée. A cette époque qui le connaît, hormis les habitués du sérail de la banque Rothschild et ses anciens collègues de l’ENA ? Cela n’empêche ! Le voilà coopté et propulsé en 2014 ministre du budget, position encore plus stratégique que précédemment. Il y demeure 2 ans. Puis, il se lance en politique en fondant une espèce de parti sorti de terre plus vite que les jeunes pousses au printemps. On peut alors penser qu’il renie le PS. Pourtant son père spirituel continue à le traiter comme un fils prodigue.

Jusque là, il n’y a rien à redire. En fait, il y aurait beaucoup à découvrir. Notons déjà simplement que  Gérard Collomb, le fidèle de la campagne Présidentielle de Hollande, le rejoint et devient son principal soutien. Hum, hum, hum !

En novembre le jeune prodige se met en marche. Il revendique la place du père. On observe chez ce dernier une simple  « larme de crocodile ». On s’interroge.

Et puis tout s’enchaine, le Président renonce à briguer un second mandat. L’homme n’est pas vraiment stupide. Il disparaît soudain des écrans. Il voyage, il laisse le champ libre. Son dauphin désigné, Manuel Valls est lâché dans la nature, intimé d’assumer le bilan, éliminé. Fin du 1er acte.

Dans la foulée la droite qui piaffe depuis le premier jour du quinquennat finissant, désigne son champion. Coup de théâtre, ce ne sera pas Juppé,  l’icône adulée du « système », vanté au diner su siècle ou chez les Bilderberg, mais Fillon porté par une vague populaire. Désormais, pour le plus grand nombre, il est le prochain Président.

C’est alors que tout s’emballe. Un notoire canard se met à cancaner. Il est alimenté par une main discrète mais amicale et bien pourvue. Fillon, à l’inverse de tous les autres serait un voyou, un profiteur, un corrompu. Avant d’être peut-être condamné juridiquement, il est condamné politiquement. Fin du 2ème acte.

Dans la lumière des projecteurs qui le traquent de près dans ses meetings, notre jeune novice diplômé continue d’avancer dans les sondages. Il tarde à se dévoiler cherchant sans doute l’argument massue qu’il trouve finalement avec l’introduction à hauteur de 50% des syndicats dans les comités d’entreprise. Avec l’acquisition d’une partie des électeurs de Hamon et de Mélenchon la partie semble gagnée. Fin de l’acte 3.

Il reste bien le Front National et Marine Le Pen, mais d’eux on n’a rien à craindre, eux s’adressent benoitement au peuple de France …Mais ce peuple, est comme son histoire, il est honteux et même comme sa culture il est inexistant.

Tout cette histoire n’aurait-elle pas était bâtie par un metteur en scène sournois et rancunier et vindicatif ?  Il n’y a pas de hasard disait Voltaire ! Suivez mon regard !

 Jean-Jacques FIFRE