11. sept., 2012

MARIAGE HOMOSEXUEL ET ADOPTION

Alors que la France est agitée de soubresauts (avant les prévisibles convulsions à venir), soubresauts qui trouvent leurs causes dans l’incertitude sur l’avenir économique de la nation, notre improbable garde des sceaux se prépare à déposer un projet de loi autorisant le mariage pour tous, c'est à dire, en particulier, pour les homosexuels et accessoirement pour une multitude d'autres figures dans lesquelles le nombre importera au moins autant que le genre.

 

A cet instant, il est important de rappeler ce qui suit :

1)      Le mariage est défini comme l’union légitime d’un homme et d’une femme (c’est la loi qui le dit et on peut supposer que si celle-ci a été établie c'est pour une bonne raison objective). Le mariage, donc,  est l'acte officiel et solennel qui institue entre deux époux une communauté de patrimoine et de renommée appelée « famille » dont le but est de constituer de façon durable un cadre de vie commun aux parents et aux enfants pour l'éducation de ces derniers. Il vise universellement à sanctionner un cadre voué au développement de la famille. Il donne aux conjoints des responsabilités sur leur future progéniture.

2)     L'homosexualité est une pratique sexuelle au même titre que d'autres, elle est le désir, l'amour, l'attirance ou les relations sexuelles entre personnes de même sexe, selon une perspective comportementaliste ou empirique.

3)     Le PACS prévoit désormais, à défaut de convention contraire, un régime des biens comparable à celui des époux ayant, par contrat de mariage, adopté la séparation de biens. En outre, le régime fiscal du Pacs a été progressivement rapproché de celui du mariage.

4)     La proportion des homosexuels dans la population globale est de 7% au maximum (chiffre difficile à déterminer précisément).

 

Si l’on prend la précaution nécessaire de préciser que l’homosexualité n’a pas à être  diabolisée en ce qu'elle est à priori, il n’y a en revanche aucune raison de la valorisée plus particulièrement. Dès lors, deux interrogations se posent à l’égard du problème nouveau posé par la volonté du gouvernement de modifier l'institution du mariage. La première touche à la légitimité d’une telle mesure de son élargissement. La seconde touche à la façon de l’instituer.

 

Eliminons d’entrée de jeu la question de la méthode. En effet, compte tenu, d’une part du petit nombre de personnes concernées au regard de la population globale et d’autre part du débat qui, d’évidence tend à se développer dans l’opinion (même si le gouvernement refuse d'en faire un vrai débat public), il semble que le recours au référendum s’impose sans aucun doute. Il s’agit, là, en effet, d’un vrai problème de société où le clivage tel qu’il semble s’établir n’autorise aucune mesure autoritaire imposée hors du contrôle populaire direct.

Que le pouvoir récuse le recours au référendum traduit, à l’évidence, ses craintes de rejet par le peuple, d’une mesure qu’il ne voudrait voir appliquée.

Il serait même intéressant de connaitre l’opinion des homosexuels sur cette question…Peut-être, certains seraient-ils surpris des réponses.

 

Mais la question qui importe est bien celle de la réelle opportunité de la création de ce droit au mariage pour les homosexuels.

 

Nous avons vu que, pour ce qui est des conditions matérielles et notamment patrimoniales de l’union, il existe le PACS, qui avec quelques améliorations rendraient les choses parfaitement égalitaires. Le problème n’est donc pas là.

 

Dans la conception ordinaire (c'est-à-dire commune) du mariage, la dimension constituée par la relation sexuelle (en tant qu’expression du désir) ne constitue qu’un aspect parmi d’autre. La volonté de procréer et de fonder une famille (cellule de base de nos sociétés) est au moins aussi déterminante et de surcroit elle est probable. Les cas qui échappent à cette règle sont accidentels et largement minoritaires.

Dans un couple homosexuel, le désir sexuel est la dimension unitaire et magistrale le reste relevant d’une pure vue de l’esprit.

 

C’est là que la question de l’adoption intervient. Ce mode d’intégration familial a un objectif prioritaire, c’est celui de donner une famille  à un orphelin. De ce point de vue il est indéniable que la meilleure destination pour l’enfant est celle de la famille hétérosexuelle qui dessine une normalité en lien avec le fonctionnement naturel de la vie.

Mais, rétorque-t-on parfois, pour un enfant, il vaut mieux une famille « homo » accueillante qu’une famille « hétéro » déglinguée. On ne fait pas une règle à partir d’une hypothèse par nature fragmentaire et surtout c’est un choix qui n’a pas à être fait si, du moins, on se place du point de vue de l’enfant qui jusqu’à preuve du contraire est né de l’accouplement d’une femme et d’un homme. Il appartient à la société de veiller à ce que les choses soient bien faites dans la reconstitution des destinées interrompues ou accidentées.

 

L’objectif secondaire (et non alternatif) de l’adoption est de donner un orphelin à une famille. Dans ce cadre, qu’est-ce-qui peut justifier la création d’une discrimination entre deux enfants adoptables, l’un étant remis à une famille au visage familier et l’autre à un foyer marginal (dans le sens de l’hétérodoxie) ? Il n’y a bien sûr aucune garanti de succès dans un cas plus que dans l’autre mais il n’y a naturellement aucune certitude du contraire. Pourquoi donc se poser la question.  

 

Nous n’avons pas le droit d’induire dans nos traditions sociales des mesures qui n’apporteraient rien aux orphelins, dans le seul but de satisfaire le désir d’une minorité dont la légitimité en la matière reste à démontrer.

Il ne faut pas confondre  « penchant » et condition même si ces deux caractères appartiennent à notre nature humaine et sont à ce titre constitutifs de ce que nous sommes chacun à la fois unique et comparable.

Nous devons arrêter de détruire les fondements sociaux historiques de notre identité, je veux parler de celle de la France.

MARIAGE HOMOSEXUEL = PACS + ADOPTION