2. oct., 2017

EN POLITIQUE LA JEUNESSE N'EST PAS UN GAGE DE RÉUSSITE ET PARFOIS PAS DE DEMOCRATIE;

Le 27 mai 1974 , Valéry Giscard d'Estaing devint le troisième président de la Ve République ; il était alors, à l'âge de 48 ans, le plus jeune président élu. Avant cela, sa précocité l'avait doté d'une longue expérience de député et de ministre qui lui autorisèrent une certaine assise claire à défaut d'être largement admise. L'excellence académique de son statut de polytechnicien contrebalançait efficacement la vacuité irréaliste de son état d'Enarque suffisant. De quel bilan est-il comptable ? La dégradation de l'emploi, le début de la déchéance des finances publiques, l'amorce du démantèlement du tissu industriel, le détonateur de l'immigration de masse, sans parler de l' exorde de l'UE  ...Bref, de tout ce que ses successeurs ont largement contribuer à accentuer pour en arriver à une situation pour le moins tragique. Toutefois, malgré ses origines aristocratiques dont il portait l'allure, c'était je crois un démocrate.

Depuis, nous avons établit un nouveau record. Le 7 mai 2017, Emmanuel MACRON a accédé à la magistrature suprême à l'âge de 39 ans. A ce train là, nous pourrions avoir en 2047 un président de 18 ans. Sauf que, et chacun l'a bien compris, la jeunesse n'est garante que de l'enthousiasme aveugle, ce qui, nous le pressentons, ne suffira pas à guider efficacement notre pays.

Certes, il serait indécent d'entamer ici l'analyse du bilan d'un quinquennat qui n'en est qu'à ses balbutiements chaotiques. Ce qui, en revanche, peut être pointé du doigt sont les objectifs (réels et non ceux affirmés) de cet homme et les moyens dont il entend user pour "régner".

Pour ce qui touche aux ambitions Présidentielles, il parait évident qu'un homme qui ne peut faire valoir, en dehors de son appartenance à la "caste Enarchique",  que son statut de banquiers d'affaires, ne peut avoir comme préoccupation réelle que de promouvoir l'enrichissement de la bande oligarchique qui l'a placé là où il est avec l'idée d'en faire l'artisan actif de ses intérêts. L'allègement de la charge qui pèse sur les grandes fortunes au détriment des conditions de travail et de rémunération de toute la classe moyenne suffit à s'en persuader. Le but réel mais masqué est la dérégulation favorable à une mondialisation sauvage propice à l'enrichissement d'un petit nombre.

Les moyens quand à eux nous font faire un grand bon en arrière à une époque où la démocratie n'était encore qu'un rêve dans l'esprit de quelques idéalistes. Les ordonnances jupitériennes ont remplacé les édits royaux et l'arrogance juvénile d'un jeune Président inconséquent et irrespectueux des individus s'inspire de l'orgueil divine du souverain. Ce n'est pas je crois un démocrate.

 

Jean-Jacques FIFRE