17. janv., 2019

AMATEURISME OU COMPROMISSION L'AFFAIRE BENALLA EST INQUIÉTANTE !

Pour n'examiner que la période le plus récente de notre histoire, soit celle de la 5ème République, on relève sept affaires qui ont touché à l'intégrité du pouvoir politique, implicitement celle de la Présidence. De Giscard jusqu'à Hollande, on peut citer celle  des bijoux de Bokassa, laquelle s'est avérée exagérément montée en épingle, celle des "avions renifleurs", qui s'est montrée fort couteuse pour les deniers du pays, la mort de Robert Boulin qui démontra qu'en politique il y a grand danger à menacer les instances fussent-elles celles à laquelle vous appartenez. Il y eut l'affaire des écoutes de l'Elysée qui démontra que pour le 1er personnage de la Nation les fins personnelles peuvent justifier l'usage de tous les moyens de l'état. De même que l'affaire de Karachi prouva que rien n'arrête l'avidité et la prodigalité des ministres qui servent leurs intérêts et non ceux de leurs concitoyens. On pourrait citer aussi l'affaire Clearstream, encore qu'il s'agissent là de malversations destinées à solder des rivalités personnelles. Il y eut enfin l'affaire CAHUZAC qui est, elle, emblématique de la corruption élevée au niveau le plus élevé de ce qui peut s'imaginer en la matière, agrémentée du mensonge porté au rang d'un art diabolique.

L'affaire BENALA pose bien plus question et s'avère plus inquiétante pour le fonctionnement du gouvernement de la France et la sécurité même du pays. Cet homme qui n'était en 2012 qu'un simple agent de sécurité se retrouve 6 ans plus tard investi de prérogatives démesurées avec des moyens exorbitants dont certains paraissent n'avoir aucune justification avec sa fonction officielle. Un passeport diplomatique obtenu en 2016 avant même "l'avènement", un autre obtenu en 2018 après la déchéance... Un tel degré de préséance et un tel niveau d' anonymat, révélés par les aléas d'une improbable implication illégale dans une sale histoire de "tabassage", a vraiment de quoi inquiété le simple citoyen qu'est chacun d'entre nous.

Comment un individu, dont on sait aujourd'hui qu'il n'hésite jamais sur les moyens et se joue de la moindre règle morale, peut-il se retrouver aussi prêt du niveau le plus élevé du pouvoir et disposer, même de certains des leviers de ce pouvoir ?

Il y a deux réponses possibles :

La première est que celui qui l'a choisi et doté de tels privilèges soit naïf, ou subjugué, ou tenu. L'attitude passive voire complaisante dont Macron agit dans cet imbroglio dangereux pourrait le laisser penser.

La seconde est que celui qui en a fait ce qu'il est devenu ait agi par amateurisme. La découverte de faits nouveaux surgissant presque chaque mois à la surprise des intéressés, pourrait aussi inciter à croire cette hypothèse. «Avec cet individu, on découvre tous les jours des choses nouvelles», a reconnu Patrick Strzoda. Le roman semble encore inachevé.

Dans un cas comme dans l'autre, il n'est pas interdit d'être très inquiet sur la sécurité de l'état, de la Nation et de la protection des citoyens.

 

Jean-Jacques FIFRE