Et si...

22. janv., 2012
22. janv., 2012

Comme tous les 5 ans, depuis la réforme constitutionnelle Jospino-Chiraquienne, le peuple de France va être appelé à choisir le plus haut magistrat du pays.

Si cette élection avait lieu aujourd’hui,  il est hors de doute que le candidat Hollande serait élu. Selon les sondages, celui-ci mène la course en tête avec 3 à 5 points d’avance sur le Président Sarkozy. Cependant, il n’aurait à retirer de ce succès aucune fierté particulière car ce dernier devrait peu à sa propre identité de socialiste mou et indécis. En réalité, ce choix serait celui de l’éviction de Nicolas Sarkozy.

Si le scrutin devait se faire aujourd’hui, il se résumerait, en fait, à un référendum pour ou contre le Président sortant et cela serait fort injuste. Cela serait immérité car ce quinquennat, pour deux raisons, est loin d’être indéfendable :

1)       La première raison est que de grandes et indispensables réformes ont été entreprises durant cette période, même si elles n’ont pas toutes était menées jusqu’au bout. Il fallait du courage pour le faire, aucun Président avant celui-ci n’avait osé « y aller ». Que retient-on des 2 septennats de F. Mitterrand ? Il faut d’abord se souvenir d’une entrée en matière désastreuse qui dura deux années caractérisées par la démagogie et les mesures à contre sens des nécessités et des exigences de l’époque. Cette politique économique et sociale a durablement plombé le destin de la France. Cela est d’autant plus évident si l’on ajoute à ces débuts affligeants, des mesures concernant les lois sur le travail qui ont encore alourdi, à la fin, la position du pays dans le concert Européen voire mondial et qui ont fragilisé ses capacités de développement. De la même manière que doit-on retenir la période du pouvoir Chiraquien ? Si l’on veut bien se résoudre à un inventaire, on observera que son bilan se résume à une dissolution ratée de l’assemblée nationale, à la suppression du service militaire et à une attitude passive et sans inspiration durant la durée de ses mandats. Cette apathie n’avait d’égale que sa transparence statutaire inattendue au regard de son énergique ambition manifestée au cours de sa campagne électorale.

2)      La seconde raison qui rend exorbitant le jugement des Français à l’égard de la situation du pays et surtout de ses responsables, se trouve dans une espèce de vision négationniste.  Nul ne songe à nier la crise énorme qui a empêché la mise en application des projets Présidentiels, mais beaucoup refusent de voir que l’inaboutissement de certaines mesures du projet trouve son origine dans le chaos provoqué par la fièvre économique. Certains ont même l’audacieux propos d’inverser le sens des réalités en imputant la crise à la politique menée.

      Dans quelle galère serions-nous si le résultat de 2007 avait été autre ?

Par bonheur pour la France rien n’est joué d’avance et ce scrutin peut réserver des surprises.

Le monde a changé, il change sans cesse. La France a changée, elle aussi. Si bien que les schémas anciens risquent de se voir démentis au profit d’une nouvelle appréhension des clivages politiques.

Il se pourrait bien que la vieille opposition gauche-droite fasse la place à une alternative nouvelle véritablement porteuse d’une compréhension nouvelle de la problématique du développement économique et social.

Et si le véritable enjeu de cette élection se faisait sur le divorce de l’opinion publique entre souverainistes (il en est à droite, il en est aussi à gauche comme au centre) et les libéro-mondialo-capitalistes traditionnels (PS +UMP)….Et si ces derniers, coalition apparemment contre nature, agissant dans un affrontement de façade,  qui a grugé les Français, se taisait et disparaissait une fois pour toutes. ….

Nous n’aurions sans doute à en retenir que la création d’une monnaie unique pour des états aux niveaux économiques sans commune mesure, une Europe sans direction politique unique, sans objectif commun, s’exprimant souvent dans une cacophonie assourdissante. Cette création a été le dernier acte d’un suicide collectif qu’il est encore temps de d’éviter.