LA QUESTION DE L'ISLAM

2. avr., 2012

Le 11 mars dernier, un fait divers tragique s’est produit à Toulouse.

Un militaire, homme jeune par nécessité et vigoureux par destination, est abattu par surprise et sans sommation ni explication, par un individu qui prend la fuite en deux roues. Certains, peu nombreux, s’émeuvent de cet acte lâche et barbare. L’opinion dans son ensemble ne réagit que très modestement à la survenance cet épisode qui par le sentiment de « déjà vu » qu’il suscite,  prend un aspect de froide banalité et se trouve assimilé à un fait divers liés au banditisme ordinaire.

Le 15 mars (4 jours plus tard), deux autres militaires sont abattus dans des circonstances parfaitement semblables à Montauban. Cette fois, l’émotion est plus « palpable ». La répétition de l’acte sur une cible de même nature provoque le trouble.La République parait être l’objectif visé au travers de l’une de ses institutions les plus marquantes : l’armée.

Certains imaginent une action des mouvements d’extrême droite (pourquoi pas des nazis) châtiant des soldats « non Aryens ».

Le 21 mars (6 jours après les derniers crimes), l’horreur survient, tel un cataclysme. Un tueur, dont on ne sait pas encore qu’il  est le même homme qui s’est manifesté les deux fois précédant, s’attaque à une école. Il s’en prend aux enseignants, aux parents et même aux enfants. Il s’en prend à un jeune garçon de 17 ans qu’un courage immense conduira à la mort pour vouloir sauver la vie d’un plus jeune. Il tue un père, ses deux jeunes enfants avant de poursuivre une autre enfant de 8 ans qu’il saisit brutalement par les cheveux après l’avoir vite rattrapée. Il lui « colle » alors son arme sur la tête et l’abat avec un sang froid ahurissant.

Cette fois, on réagit, cette fois, enfin, la société exprime son émoi, elle manifeste sa réprobation et son  sentiment d’horreur. Elle exprime aussi sa peur.

Les médias font leur travail avec plus ou moins de retenue, plus ou moins de franchise bref ils traitent l’évènement dans un climat de voyeurisme malsain, sans beaucoup de dignité et hors du souci d’une information juste et honnête.

La police, dans son ensemble fait bien son travail (renseignement, localisation, action), elle agit dans le respect du pacte nationale et de la mission que les pouvoirs publics lui confient traditionnellement.

C’est alors que sont connu, l’identité de l’assassin, ses motivations et son engagement. Même si la polémique s’engage sur le terrain de ce que d’aucun nomme « stigmatisation », il est indéniable que les paroles du tueur dans son dialogue avec la police, ses actions antérieures et ses liens avec les mouvances « djihadistes » établissent un lien directe entre ce drame et les ressorts de sa religion.

« Non ! » répondent, pourtant, avec une belle unanimité les dignitaires Musulmans (on notera à cet égard que cette réaction est celle des Recteurs de Mosquée mais rarement celle des Imams), « ces actes sont contraires au message de l’Islam ». Tous les représentants « laïcs » des autres religions (CRIF par exemple) et les autorités civiles leur emboîtent le pas dans le but exprimé d’éviter « amalgame » et « stigmatisation ».

Tout cela semble une belle réaction d’apaisement préventif prononcée avec un apparent bon sens…Sauf, que l’observation attentive des faits de même nature commis partout dans le monde au cours des vingt dernières années, nous amène, de façon quasi exclusive, à noter que sont toujours mis en cause des individus ayant pour lien commun, leur référence à leur religion.

Cette observation suffit-elle à condamner l’une des confessions du « livre » ?

Naturellement, la réponse à une telle question demande du recul, de la justesse et de la lucidité.

On dit que les faits sont têtus, alors regardons la liste des attentats qui se sont produits depuis 30 ans. En voici juste quelques-uns parmi les plus signigicatifs :

-         1983 - BEYROUTH 120 morts - revendiqué par le HEZBOLLAH (parti de dieu)

-         1993 – NEW YORK 1000 blessés -   revendiqué par Ramzi Yousef, Mahmud Abouhalima, Mohammad Salameh, Nidal Ayyad, Abdul Rahman Yasin et Ahmad Ajaj. Ils reçurent un support financier de Khalid Cheikh Mohammed.

-         1995 – PARIS – 61 morts 700 blessés. Attribué au GIA.

-         1998 – NAIROBI – 224 morts et 5000 blessés – AL QUAIDA

-         2001 – NEW YORK – 3000 morts et des milliers de blessés – AL QUAIDA

-         2002 – BALI – 224 morts et 300 blessés – JEMAA ISLAMIYA

-         2004 – MADRID – 200 morts et 300 blessés – Islamistes marocains (chef Sarkhane ben abdelmajid fakhet).

-         2005 – LONDRES – 50 morts et 700 blessés – Islamistes « britanniques ».

Cette liste, bien qu’impressionnante, n’est qu’une toute petite partie des actes de même nature perpétrés par des personnes se réclamant à chaque fois de leur foi musulmane.

Il y a aussi tous les actes commis contre des individus enlevés puis assassinés. Par exemple Daniel Pearl, décapité, dont l’assassinat fut filmé et dont la vidéo fut diffusée sur le net.

Il y a également le cas d’Ilan Halimi enlevé, atrocement torturé puis abandonné agonisant, par un musulman Sénégalais du nom de fofana et sa bande de fanatiques soumis.

On pourrait rajouter des pages de ces organisations et de ces personnes se réclamant de leur religion pour perpétrer des horreurs plus abjectes et lâches les unes que les autres.

Ce constat ne peut-il pas permettre à chacun de s’interroger sur le lien qui existe entre ces sauvageries et le contenu des lois et préceptes religieux en cause ?

Je me pose la question. Je n’ai pas la réponse globale. Je repense fréquemment aux scènes de liesses qui se manifestèrent au Caire ou dans d’autres grandes villes musulmanes au lendemain des attentas du 11 septembre et je m'interroge sur le sens de ces réactions.

Alors, j’ai enfin ouvert et lu une traduction du coran qui me fut offerte par un ami marocain, il y a quelques années.

J’y ai trouvé beaucoup d’ambiguïtés, beaucoup de propos confus, de nature à égarer des esprits simples ou un peu perdus. J’ai cru comprendre que le pire pouvait être suscité par l’usage des préceptes antédiluviens contenus dans ces écrits, comme le drame de l’école OZAR ATHORA de Toulouse.

La notion de djihad (qui n’est pas que douceur, ni pacifisme), celle de « dar al islam » (terre d’islam et de paix) opposée à celle de dar al harb (terre impie à conquérir) ; celle des rapports entre les hommes et les femmes (très déséquilibrée) ; l’application de la « charia » qui entend régir la vie des citoyens (forcément croyants) au détriment d’un droit séculier, démocratique et laïc ; la nature divine et donc omnisciente du coran qui ne saurait se satisfaire à long terme d’une absence d’adhésion universelle, la nature des châtiments appliqués aux pécheurs (lapidation au Niger, amputation dans le golf Persique, décapitation au Pakistan et en Afghanistan, émasculation en Algérie) ….Tout cela expliquent peut-être (sans doute) que certains s’emparent de ces postulats érigés en théorie absolue pour faire courber l’échine aux non-musulmans ou aux apostats afin de contenter le très haut et mériter de lui les hypothétiques faveurs promises (…)

 

Il semble avéré que des prédicateurs usent abondamment de ces arguments pour endoctriner des faibles afin de les conduire sur le chemin des brutalités que nous savons.

 

Il est de la responsabilité de chacun de demeurer vigilant au maintien de la prédominance du droit au détriment des professions de foi religieuses qui osent tenter de se substituer à lui. Elle est de refuser toutes les incitations à la dérive sectaire qui voudrait imposer la règle d’une minorité à la majorité, fusse par la « conversion du cœur » et à fortiori par la terreur brutales et aveugles.

 

Il appartient aux responsables religieux concernés de dire avec vigueur et détermination que la vie importe plus que les espérances post mortem. C’est au prix d’une condamnation sans aucune ambiguïté de la brutalité barbare qu’ils éviteront les amalgames légitimes et les stigmatisations parfois injustes. 

 

Le droit de croire n’implique nullement le devoir de religion encore moins lorsque celle-ci a pour ambition celle de dominer l’humanité.