2. mai, 2012

Texte

Cher Nicolas,

 

Ce soir tu vas te retrouver face à  ton adversaire, celui qui te considère plutôt comme un ennemi, car telle est la conception qu’il a de la politique. Il sera désormais contraint de débattre programme contre programme de l’avenir de notre pays.

Je n’ai, naturellement, aucun conseil à t’adresser pour cet exercice, car je sais et nous savons tous que tu sauras, mieux que quiconque, être à la hauteur de la confrontation et de notre attente.

Nous ne doutons pas de toi.

Face à toi, tu auras un homme déterminé à se cacher. Il ne sera, comme à son habitude, freiné par aucun scrupule ni aucune bassesse dans cette optique. Il usera de tous les traquenards possibles pour  fuir la confrontation et rester sur le terrain de la polémique.

Pourtant, ce soir nous sommes certains qu’il n’aura plus les coudées aussi franches.

Ton bilan est positif. Il l’est malgré les difficultés de toutes sortes, malgré la tempête chaotique, dont il refuse la réalité.

Tu es, selon lui, responsable des déficits, du chômage, de toutes les difficultés que connaissent les Français. Mais tu es aussi responsable du mauvais temps, de la pollution, de sa constipation, de ses problèmes d’érection…Enfin de tout quoi !

Il te fait le reproche de certaines réactions parfois vives qu’il qualifie d’irrespect. Il a tendance à « voir la paille dans l’œil de son adversaire en oubliant la poutre qui se trouve dans le sien ». En matière d’indécence, il se pose un peu là. Lorsqu’il se projette comme le vainqueur avant que les Français n’aient voté, il méprise les citoyens. Lorsqu’il dit « l’autre » en parlant de son adversaire politique, il fait preuve d’une suffisance peu en rapport avec la notion de respect qu'il te reproche de négliger.

Plutôt qu’un président normal, je craindrais qu’il ne fasse, pas même, un président ordinaire mais bien plus un président médiocre.

Ce soir, ne doute pas que nous serons derrière toi , comme nous ne doutons pas que tu nous conduiras à la victoire.