8. juil., 2012

Texte

LES CENTS JOURS DU NOUVEAU PRINCE

 

« Les cents jours » désigne cette période comprise entre le 1er mars et le 22 juin 1815 qui a, probablement, établi la véritable stature de personnage légendaire de l’Empereur. C’est, en effet là, qu’est apparu, avec évidence, dans l’éclat de son immense charisme et avec la force de son caractère, que toutes les adversités réunies ne surent briser, la grandeur du personnage de NAPOLEON Ier.

Cette expression fut, par la suite, utilisée dans une multitude de contextes et souvent de façon inappropriée.

A l’occasion de l’élection de François MITTERAND, elle fut reprise pour désigner, par anticipation, ce qu’aurait pu être cette phase, au cours de laquelle, le nouveau et 1er Président de gauche aurait pu mettre en place les directives liées à ses promesses électorales. Il aurait pu, dit-on, agir en vertu d’un « état de grâce » qui lui aurait permis de bénéficier des faveurs de l’opinion publique. Celle-ci était, disait-on, bien disposée à son égard et placée dans l’attente des bienfaits que sa politique généreuse de redistribution des richesses  aurait pu produire sur une prétendue nécessité de justice sociale.

On sait, hélas, ce qu’il advint de ces espérances et des conséquences désastreuses et durables qui pénalisèrent et pénalisent encore la France, au travers de la détestable imprégnation  des esprits de nos concitoyens, par l’inclination à la facilité, au laxisme et au reniement des valeurs fondamentales qui ont fait notre nation.

Le 6 mai 2012, il semble que l’histoire de notre pays ait eu une sorte de hoquet ou plus exactement une espèce de désir de répétition. Ainsi, les médias ont-ils ressorti de l’oubli ou, sans doute, du néant, ce vocable que l’on croyait à jamais discrédité. Ainsi cet autre François, HOLLANDE celui-ci, ce nouveau Président, dont on sait bien qu’il ne fut qu’un choix par défaut pour l’exercice de la magistrature suprême,  allait-il avoir ses « cents jours ».

Dès lors, ne serions nous pas autorisés, à mi-parcours, à se demander ce qu’il en est réellement de l’usage que fait le « nouveau Prince », de ce délai de bénédiction, pour agir, sans se soucier du jugement et sans craindre la vindicte ?

Pour comprendre le déroulement des actes et imaginer leur conséquence, il convient de s’arrêter d’abord, un instant, sur la campagne du candidat, futur élu, sur ses serments et sur ses engagements.

Retenons en préambule, que pour l’essentiel, son argumentation électorale fût constituée de façon quasi-exclusive d’une diatribe, injuste et nauséeuse, à l’encontre de son prédécesseur Nicolas SARKOZY. Cette attitude n'était pas de bonne guerre. Elle eut pour effet de masquer les immenses lacunes et aberrations de son offre globale. Néanmoins, la perfidie eut raison du bon sens et le sortilège opéra dans l’esprit des électeurs benoits et anesthésiés.

Pour le reste, il y eut quelques propositions en matière économique, quelques idées au sujet de l’organisation sociale de notre société et l’ébauche d’une volonté d’action en matière de négociation diplomatique avec nos partenaires, nos fournisseurs et nos clients sur le marché international.

En matière économique, en dépit des discours incantatoires, force est de constater que les faits sont têtus et que les problèmes demeurent, sans remède miracle, dans un contexte de changement de l’ordre mondial que le nouveau Prince ne pourra éviter. Rien dans ce qui est proposé ou fait actuellement ne parait de nature à réguler cette évolution tyrannique.  L’idée serait peut-être celle que prônait implicitement son prédécesseur à savoir accompagner ce changement et s’y adapter grâce aux atouts dont nous disposons encore.

En matière de redistribution, il semble que l’augmentation, pourtant modérée du taux du SMIC de + 2% (soit environ 25 € par mois pour un emploi à plein temps), n’améliorera en rien le quotidien des plus faibles mais qu’en revanche, il pénalisera durement les PME, il aura un effet déplorable sur le niveau de l’emploi et il dégradera un peu plus la compétitivité de nos entreprises sur le marché mondial.

Le matraquage fiscal tel qu'il s'ébauche sous nos yeux inquiète, à juste titre ceux qui sont visés par lui. Les riches vont payer dit-on...Mais qui sont les riches ? Où sont-ils exactement ? Je crains que, qui qu'ils fussent, ils n'aient le moyen d'échapper à l'étau qui se propose de les enserrer. Au final, la classe moyenne, c'est à dire, la plus grande partie de la société paiera !

Déjà les travailleurs sont pénalisés. Ceux qui avec les heures supplémentaires s'en sortaient mieux, se retrouvent à la case départ et moins hereux. Si encore la suppression des avantages offerts aux travailleurs au travers de ces heures sup., sans charges sociales et défiscalisées, permettait la création d'emplois nouveaux, cela serait bien. Mais croyons nous sincèrement qu'il en sera ainsi ? Non bien sûr !  

En matière de règlementation de la vie sociale, on observe 2 tendances lourdes qui ne vont pas sans inquiéter : il s’agit de l’incohérence et du laxisme.

La première se caractérise par les approximations, les décisions prises à l’emporte pièce avant d’être abrogées, puis reformulées. Un des meilleurs exemples en la matière est fourni par Vincent PEILLON le ministre de l’Education Nationale. Pour donner plus d’équilibre à l’organisation de l’école, aux rythmes prétendument inadaptés, celui-ci commence par allonger la durée des vacances de la Toussaint, alors même que la durée annuelle des congés compte parmi les plus élevés d’Europe. Allez y comprendre quelque chose !

En matière de laxisme, notre nouveau garde des sceaux, Madame TAUBIRA, dont chacun connait bien les principes, a vraiment frappé très fort dès sa prise de fonction. Au cours de sa première intervention, elle n’aura rien fait de mieux que proposer « moins de répression à l’égard des délinquants », ce qui démontre, à tout le moins, un sens assez personnel des contre sens. Elle prône, en outre, la suppression des tribunaux correctionnels pour les mineurs, ce qui dénote une  absence totale de réalisme face à l’évolution de la criminalité juvénile de plus en plus précoce et féroce.

Par ailleurs, on apprendra avec étonnement que le fait, pour les postulants clandestins à l’asile, de nature principalement économique,  d’entrer sans y être autorisés sur le territoire Français, n’est plus considéré comme un acte délictuel. Outre l’absurdité de cette affirmation qui s’oppose,  sans nuance, à la reconnaissance du pays, de la Nation et de son état de droit, une telle position ne peux constituer qu’un véritable appel d’air qui fera grossir encore et toujours le nombre des immigrés sur le sol de France dont la vocation n’est pas de recueillir tous les errants du monde.

Mieux ! On suppose que les immigrés auront dans un premier temps (doit-on dire première étape ?) le droit de voter aux élections locales, notamment aux municipales. N’est-ce pas brader la notion de nationalité que de galvauder ce droit constitutionnel inhérent à la solidarité culturelle et historique des Français, de tous les Français, anciens ou nouveaux, mais tous attachés à la nature unique et éternelle de notre grand et beau pays ?

Enfin, dans le domaine des relations internationales, il fut dit que nous allions voir ce que nous allions voir : Angela MERKEL devrait, était-il dit, se plier à de nouvelles orientations communautaires, selon lesquelles la fourmi Allemande devrait abdiquer, devant les cigales Européennes, son « hégémonie » (c'est-à-dire s’adonner aux mêmes tendances laxistes et autres turpitudes que les autres) et partager les fruits de son injuste labeur et de ses égoïstes vertus  ; Les chinois et tous les nouveaux molosses économiques du monde devraient  déposer les armes de leur intransigeance devant l’autorité retrouvée du commerce social Français.

Il ne parait nullement que personnes n’ait obtempéré et notre nouveau Prince après avoir prononcé quelques satisfécits à usage domestique sait bien désormais à quoi s’en tenir.

Quant à nous, Français de tous bords et de toutes conditions, souhaitons avec force que notre choix, s’il en fut, ne soit pas celui qui nous perdra définitivement dans les limbes de l’indigence qui frappe tant de pays du monde.

Rien pourtant dans ce que nous voyons aujourd’hui se mettre en place ne nous assure du contraire