3. avr., 2014

LES PROMESSES N’ENGAGENT QUE CEUX QUI LES ECOUTENT

 

 

(Accessoirement ceux qui y croient)

 

Notre bon gros François fait parti de ces gens que rien ne déstabilise, que rien n’émeut, ni n’interpelle. Non pas qu’il soit indéfectible ou insensible, car, au contraire, il change assez souvent de conviction (seuls les ânes ne changent jamais d’avis, dit-on), et ses émotions, réelles bien que furtives, font souvent la « une » d’une certaine presse qui se gave de ses escapades collégiennes et coquines.

 

Cependant, la pelisse de son apparence, sorte de façade blagueuse, ne laisse jamais rien paraître des effets que les autres, le monde ou les résultats de ses bévues pourraient produire sur lui.

 

C’est un fait, il semble toujours sûr de lui, sorte d’histrion sans état d’âme de la politique  et parfaitement certain de la justesse de son action. Il est serein le François. Certains prétendent que cette attitude lui vient de son appartenance à « l’aristocratie énarchique ». Mais ceux-là ne sont, naturellement, que « mauvaises langues » qui usent d’un vocable dont chacun sait bien qu’il ne recouvre aucune réalité tangible. Non, bien sûr, il n’existe, en France, point d’oligarchie. Si les BERGOVOY sont moins nombreux que les SAPIN, cela est dû, sans doute, plus au hasard qu’à un climat qui ferait pousser les seconds. L’existence d’une telle synarchie serait, d’ailleurs, fâcheuse puisque l’expérience nous montre, chaque jours, que les plus performants n’appartiennent pas nécessairement à la catégorie des mieux certifiés.

 

Outre son ineffable bouffonnerie de comique troupier jovial et éthéré, il est affecté d’une insouciance aveugle qui le conduit à croire que rien ne peut lui arriver. Jusqu’à présent, il faut en convenir, cela lui a plutôt réussi…Disons qu’il est passé, insolemment mais sans encombre majeur, au travers des gouttes. Cela a même conduit certains à prétendre que François était un homme chanceux.

 

Il est vrai que depuis 2011 (car, avant, son parcours anonyme et sans relief n’est significatif de strictement rien) le sort lui est, à titre purement personnel et sans partage, tout à fait favorable. Sorti vainqueur des « primaires partiellement citoyennes et totalement socialistes » par un de ces coups de pouce du destin comme il n’en arrive que rarement, il a cru remporté la Présidentielle de 2012, alors, qu’en fait, c’est plutôt son adversaire qui l’a perdue. La nuance n’est pas que de pure forme et sans influer sur son parcours.

 

Mais il a du verbe l’animal, du verbe et de la verve, c’est indéniable. Il fut un élève studieux et son appétit est féroce.

 

Ainsi donc en 2012, il mena une campagne où il promit beaucoup, beaucoup, beaucoup. Et ses promesses n’eurent d’égale, dans son délire prophétique de « lendemains qui chantent », que sa haine, aussi virulente que personnelle, qu’il portait à son adversaire. Ce ressentiment obscure et sans limite lui colle d’ailleurs à la peau autant que son optimisme béat puisqu’aujourd’hui encore (2 ans plus tard), il ne se prive d’aucune occasion pour le poursuivre de sa vindicte rancunière consubstantielle de son discours monolithique. Il semble bien qu’il n'ait aucun doute sur l’efficacité de cette stratégie bien que beaucoup lui souffle qu’il serait peut-être temps de changer de petite musique dont l’objectif obscur n’emprunte rien à la nuit mozratienne.

 

Cependant, si pour François, gagner l’élection suprême fut, non seulement une  émotion mais une fin en soi, ceux qui l’ont élu s’impatientent, après s’être étonnés et commence à gronder devant les piètres résultats de l’insignifiante action menée sans idées définies ni plan établi.

 

Les leurres furent légions pour masquer le manque d’ingéniosité, de courage et d’ambition, au cours de ces 2 premières années de mandats. La lassitude des citoyens face à l’oubli des promesses, l’exaspération des contribuables écrasés par une fiscalité débridée et asphyxiante, le désarroi des chômeurs face au retour sans cesse différé de l’emploi,  ainsi que l’envie d’exode des possédants dépossédés, a produit un séisme politique auquel François ne s’attendait manifestement pas.

 

Il savait bien, lui, que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. Pourquoi vient-on lui demander aujourd’hui, de réaliser des choses auxquelles personnes n’aurait dû prêter foi ?   

 

Il avait dit que la crise n’existait pas…Oups ! Elle existait !

 

Il avait dit on séparera l’activité des banques de dépôts de celles des banques d’affaires, on attend toujours. Il avait dit on n’augmentera pas la TVA et il l’a augmenté.

 

Il avait dit nous ramènerons le déficit du budget de l’état à 3% fin 2013…Il est de 4.3% en mars 2014. Il avait dit (et souvent répété) nous inverserons la courbe du chômage avant la fin  de 2013…pan ! +1% depuis le début de 2014, et 430000 chômeurs en plus en 18 mois (+15%)…Mieux que Sarkozy, mieux que Chirac et même mieux que l’autre François (le père).

 

Il avait même dit je n’accepterais pas que la monnaie chinoise soit encore inconvertible, elle doit être réévaluée…Tu parles Charles !

 

Il avait dit « je renégocierai le traité Européen ». On suppose qu’il s’agit d’une renégociation secrète.

 

Au début, avant que tout cela commence, une autre bien mauvaise langue avait nommé François, le capitaine de pédalo. Pensez donc, il s’agissait, en fait, du bateau ivre…et se prenant pour Rimbaud, François  lui répondit :

 

"J'étais insoucieux de tous les équipages"

 

"Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants"

 

"L'eau verte pénétra ma coque de sapin"

 

"Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !"

 

"J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries"

 

"Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux..."

 

"Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses"

 

"L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes"

 

"Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !"

 

"Si je désire une eau d'Europe... elle portera
Un bateau frêle comme un papillon de mai."

 

Que ta volonté soit faite, François, et, que par la même occasion, nous soyons assainis d’une démarche qui, de la France, fait un fétu balloté par le flot mondialiste et nous ballotte à hue et à dia à nous égarer, déboussolés et inquiets.

 

Naïfs et imprégnés de croyances politiques, nous t’avions adressé un message que nous pensions clair. Mais que nenni, tu as reconduit ton équipe, faisant passer les arrières à l’avant et inversement, tout en conservant un schéma de jeu que nous ne comprenons pas. Il se pourrait François que la prochaine fois nous dussions parler plus fort, avec plus de virulence, moins de complaisance et que nous t’ôtions ton petit bateau avant qu’il ne coule vraiment et nous avec lui.

 

Tu peux prendre cela pour une promesse qui n’engagera pas que toi le moment venu, François.