19. mai, 2014

Bonaparte universel et visonnaire

Ceux qui considèrent l’Empereur comme un homme uniquement préoccupé de stratégie militaire se trompent et seraient surpris d’apprendre qu’il était d’une immense culture historique philosophique et politique. Certains pensent que Napoléon était un homme sans foi. Ils se trompent, aussi, lourdement. Au général Bertrand compagnon de l’Empereur durant l’exil de Saint Hélène, il dit «Je connais les hommes et je vous dis que Jésus n'était pas un homme. Les esprits superficiels voient une ressemblance entre le Christ et les fondateurs d'empires, les conquérants et les dieux des autres religions. Cette similitude n'existe pas: entre le christianisme et les autres religions, il y la distance de l'infini». Face au positivisme insistant de son compagnon, Napoléon reprit : «Vous, général Bertrand, parlez de Confucius, Zoroastre et Jupiter . Eh bien, la différence entre eux et Christ est que tout ce qui concerne le Christ dénonce la nature divine, tandis que tout ce qui touche aux autres dénonce leur nature terrestre».
Le général qui était éloigné des choses de la religion (on l’a bien vu) vantait César et Alexandre et Napoléon de lui rétorquer : «Mais l'empire de César a duré pendant combien d'années? Combien de temps Alexandre a-t-il été porté par l'enthousiasme de ses soldats? (...) Les peuplent passent, les trônes s'écroulent, mais l'Église reste. Alors, quelle est la force qui maintient debout cette Église assaillie par l'océan furieux de la colère et du mépris du monde ?».
L’Empereur abandonné de beaucoup et trahi mais nullement amer terminait en disant : «Mon armée m'a déjà oublié, alors que je suis encore en vie (...). Voilà ce qu'est notre pouvoir à nous, grands hommes ! Une seule défaite nous désintègre et l'adversité emporte tous nos amis»."